Juan Carlos, un roi controversé

Juin 2014: Juan Carlos d’Espagne abdique en faveur de son fils Felipe. Un soulagement pour son entourage…

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Débordé entre autres par son safari hors de prix au Botswana en pleine crise économique et une vie personnelle mouvementée (on ne compte plus ses romances extraconjugales et ses enfants illégitimes), le souverain avait fait son temps dans le cœur des Espagnols. En une période pas si reculée, pourtant, le jeune Juan Carlos représentait la modernité. C’est en effet le protégé de Franco (le dictateur s’est assuré que l’héritier qu’il a choisi suive une éducation franquiste), qui a initié une transition vers la démocratie. Il est alors considéré comme un héros national. Le jeune homme veille aux bonnes relations de son pays avec ses voisins, travaille à une ouverture vers le monde et permet une société moins asphyxiée par le pouvoir de l’Eglise.

Tout n’est pas rose pour autant. Longtemps soupçonné de vouloir perpétuer l’héritage dictatorial de son mentor, Juan Carlos s’est aliéné sa famille pour avoir accepté le trône qui revenait à son père. Les relations se sont encore tendues quand Alfonso, son jeune frère, est mort à 14 ans. La première version officielle assure que l’adolescent s’est tiré accidentellement une balle dans la tête. En réalité, c’est Juan Carlos – 18 ans à l’époque des faits – qui l’a abattu involontairement, selon la version familiale. Beaucoup exigent une enquête judiciaire, mais Franco s’y oppose. Même si le futur souverain envisage un temps de se retirer de la vie publique, il ne devra jamais répondre de cet acte. Un scandale parmi beaucoup d’autres qui ont jalonné le règne de Juan Carlos, alternant avec de grands accomplissements. Le destin aussi passionnant que controversé du vingtième roi d’Espagne sera, à 22h25, le point de départ d’un débat sur l’avenir des monarchies en Europe.

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