Un polar islandais puissant

Blizzard, vous avez dit blizzard?

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Après la britannique Broadchurch et l’australienne Secrets And Lies, France 2 s’ouvre au grand Nord et choisit une production de la rare Islande pour remplacer sa série à succès. Ce genre de pas de côté reste rare pour la chaîne publique, mais le risque est limité. Le réalisateur de Trapped (Piégés en français) ne nous est pas inconnu: révélé en 2000 avec 101 Reykjavik, contacté par Hollywood pour tourner Crime City, Baltasar Kormákur a également signé Everest, sorti l’an dernier. Quant au scénario lui-même, il puise dans les bonnes recettes du polar comme on l’aime, sans omettre la touche personnelle qui fait la différence.

Dans ce pays de glace, c’est du côté de la nature sauvage que s’exprime la singularité. En témoigne cet élégant et sombre générique, où les images de corps et de roches se répondent, comme pour mieux mêler l’organique et le minéral. Dans le petit port de pêche où nous mène la série, l’homme se trouve même bien peu de chose, parfois. Alors qu’un tronc humain vient d’être retrouvé dans les filets d’un chalutier, une violente tempête de neige bloque les routes et prend en otage toute la ville. Impossible pour la brigade criminelle de Reykjavik de se rendre sur les lieux. L’enquête échoit donc au chef de la police locale et à ses deux acolytes. Trois flics plus habitués aux querelles de voisinage qu’aux cadavres face à un meurtrier qui, vraisemblablement, est coincé comme eux dans cette bourgade du bout du monde fouettée par le blizzard.

Entre trafic de drogue, traite des Noirs, projet d’investissement chinois et souvenir d’un drame passé, les fausses pistes se succèdent et la tension monte, jusqu’à un beau cliffhanger qui conclut le 2e épisode de ce soir. Un polar hivernal prenant et intimiste, où l’intrigue devient prétexte à révéler les blessures et les failles des hommes, explorés jusqu’au tréfonds de leur être agité.

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