Premières dames de la terreur

Quel rôle les femmes de tyrans ont-elles joué dans l’horreur? Une série en cinq volets.

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Derrière chaque grand homme se cache une femme paraît-il. Derrière de nombreux minables mégalos, aussi. Comme pour prôner l’égalité des sexes, certaines dames de l’ombre semblent même s’évertuer à égaler ou dépasser en cruauté et malveillance leur déshonorable époux. Le peuple et la presse à sensation les surnommèrent Lucifer, l’Araignée noire ou encore Lady Genocide. Elles furent mesdames Pol Pot, Pinochet, Perón ou Ben Ali (photo). Le réalisateur français Joël Soler est parti à leur rencontre. Sur les murs de la filmographie du cinéaste, habitué à passer à la loupe l’entourage des personnalités modernes les plus haïes, on croise « Uncle Saddam », « Uncle Hitler » et « Bin Laden, dynasty of terror ».

Pour le premier volet de cette nouvelle série, humoristiquement appelée Despot Housewives, Joël Soler s’intéresse aux Grandes dépensières. Il s’invite dans le salon de celle qui se qualifie de femme la plus cupide au monde: la Philippine Imelda Marcos, et remonte le fil de la rivière de diamants sur les berges de laquelle sont échouées Michèle Duvalier, les jumelles Mobutu ou Catherine Bokassa… Certaines ont pris le thé avec mère Theresa et se sont créé des masques de princesses du peuple pour mieux détourner des fonds publics, d’autres avaient des allures d’accessoire muet, mais la plupart tirèrent leur épingle du jeu et échappèrent à la disgrâce et la ruine qui ont souvent rattrapé leur conjoint.

Souha Arafat ponctue le triste tableau d’une affirmation intéressante: « C’est l’Occident qui a fait ces femmes » assure la veuve de l’ex-leader palestinien. Le silence de la communauté internationale, les réceptions en grande pompe au gré des intérêts des gouvernements successifs… Les poules aux plumes d’or qui affamaient le peuple se sont vu dérouler le tapis rouge et offrir des exils dorés dans nos contrées. Témoignages rares et palpitantes interrogations.

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