Lanester

Berry-Lanester retrouve ses yeux, son chauffeur de taxi et ses démons intérieurs.

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La cécité qui l’avait brusquement frappé dans l’épisode inaugural A la vue, à la mort n’est plus qu’un lointain souvenir. Le commandant Lanester (Richard Berry) est de retour, frais comme un gardon. Il en profite pour repêcher Gabrielle, chauffeur de taxi embauchée durant son handicap (Emma de Caunes – photo), à la peine depuis la mort de son amie et la perte de son logement. Heureusement, « papa Lanester » est là, qui lui offre son toit… et reconduit la mission de la jeune femme, sa précautionneuse hiérarchie refusant de lui confier un véhicule. Pas pratique, pour un flic. Le duo reprend donc la route pour une nouvelle investigation: comprendre ce qu’il est advenu des trois jeunes pensionnaires d’une clinique pour anorexiques, disparues sans explication. Fugue ou enlèvement? Alors que l’enquête prend un sombre tour, les souvenirs enfouis du commandant ressurgissent de plus belle. A nouveau confronté à son passé, incapable de renouer le dialogue avec son frère mutique interné en hôpital psychiatrique, Lanester faiblit. Et s’il redevenait aveugle? Adapté du roman Cherche jeunes filles à croquer de Françoise Guérin, le scénario de Memento Mori est signé du seul Franck Mancuso, également réalisateur, qui pour le premier opus s’était entouré de Franz-Olivier Giesbert et Valérie Toranian. Pas sûr qu’il ait bien fait de se passer d’eux: ce deuxième épisode ressert la même soupe psychologisante sur l’enfance blessée du commandant sans rien apporter de nouveau, l’enquête peine à intéresser et le tandem Lanester-Gabrielle n’en est pas vraiment un. Charmante en titi parisien gouailleur, Emma de Caunes reste sous-employée, reléguée au second plan par un réalisateur qui ne cherche guère à creuser son personnage. Même Lanester reprend le volant lorsque l’affaire se corse. Peut-être devrait-il faire plus de place aux femmes et moins à ses démons intérieurs… 

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