Wolf Hall

L’ascension de Thomas Cromwell, réformateur de l’Eglise anglaise, détaillée dans une fresque exigeante

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Oubliez le glamour et les images léchées des Tudors, la dernière série en date – signée Michael Hirst (Vikings) – à avoir évoqué le règne d’Henri VIII. Pour raconter le destin de Thomas Cromwell dans Wolf Hall, l’un des conseillers les plus célèbres du capricieux roi d’Angleterre, le réalisateur de cette fresque, Pete Kosminsky (The Promise: Le serment), s’est attelé à dépeindre son ascension de manière lente et épurée. Avec une volonté de réalisme affichée: la grande majorité des plans de ces six premiers épisodes a été filmée caméra à l’épaule, afin d’accentuer le côté brut de l’ensemble.

Débarrassée ainsi de toutes fioritures, l’intrigue (inspirée par les deux premiers romans historiques de la trilogie développée par Hilary Mantel) fait la part belle à la psychologie des protagonistes et nous accueille au moment où le cardinal Thomas Wolsey (Jonathan Pryce) n’est plus en odeur de sainteté auprès du sanglant souverain. Et pour cause: Wolsey n’est pas parvenu à obtenir du pape l’annulation du premier mariage d’Henri VIII (Damian Lewis, Homeland) avec l’Espagnole Catherine d’Aragon (Joanne Whalley), incapable de lui fournir un héritier. Toujours dans son ombre, Thomas Cromwell (Mark Rylance), l’un de ses hommes de confiance, continue à soutenir le religieux auprès du souverain qui, surprise, n’apparaît pour la première fois qu’à la fin du pilote. Il faut voir dans cette introduction tardive un message clair: le monarque n’est en rien la vedette de cette fiction qui met un point d’honneur à s’articuler autour de Cromwell et des enjeux politiques de l’époque.

Critiqué par certains qui lui reprochent des inexactitudes, Wolf Hall a toutefois été acclamé par la critique. On en veut pour preuve ses nominations aux Emmy Awards et autres Golden Globes. Une suite est d’ailleurs dans les tuyaux.

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