Birdman

The show must go on

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Cinéaste du formidable film choral Babel qui analysait au scalpel de son œil acéré les conséquences d’un acte (une balle perdue dans la poitrine d’une jeune Américaine en voyage au Maroc) sur l’ensemble du globe, Iñárritu réitère ce tour de force, mais à l’échelle d’un seul homme. Lui, c’est Rigg, star oubliée du film de super-héros Birdman qui rêve d’un come-back sur scène. Avec un parti pris artistique casse-gueule, mais réussi (comme Hitchcock avec La corde, le cinéaste argentin filme un faux plan comme s’il n’interrompait jamais la caméra pour donner une impression d’unité de temps), Iñárritu colle à la semelle d’un phénoménal Keaton qui se débat comme un beau diable avec sa pièce, son acteur capricieux, sa fille en mal d’amour, son ex… et pire que tout: lui-même. Et chacune de ses décisions fera pencher davantage sa vie vers le chaos. Mené comme une ronde enivrante, ce film passionnant dépasse la critique de Hollywood pour une mise en abyme de la réalité elle-même, vue comme un spectacle permanent. Où le vrai Keaton, ex-célébrité des années 80 et Batman de Tim Burton finit par se confondre totalement avec Rigg/Birdman. Un must!

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