Echappées belles: Finistère, entre terre et mer

Un revigorant aperçu de la pointe bretonne entre jardin extraordinaire, omniprésence de la mer et maille rayée.

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« Demat! » lance en entame Jérôme Pitorin. En quête d’un village d’irréductibles Gaulois, de harpes de druide, de caramels au beurre salé et de Bigoudènes, il part à la rencontre du Finistère. L’avantage du bout de la terre c’est qu’on peut y arriver la tête pleine de clichés, il parviendra quand même à imposer une part de son essence. Les premiers lieux communs passent rapidement par-dessus bord, sur un vieux gréement voguant en rade de Brest. Sur les 150 km2 de cette portion de mer qui se déguise en lac, l’on croise les coquilliers semant des millions de Saint-Jacques mais aussi les futurs officiers de la marine nationale française se familiarisant avec les voiles. Derrière le goulet, la pleine mer. De l’autre côté: la ville de Brest, les tortues et veaux marins de son Océanopolis mais aussi le Petit Portugal, enchevêtrement coloré de cabanes de pêcheurs transmises de génération en génération. L’occasion de fréquenter cette région qui prend la mesure de son patrimoine et l’incorpore dans le 21e siècle. Rue de Saint-Malo, dans la capitale corsaire, une gardienne veille. Ce décor de pavés qui subliment les flaques et courtisent des fleurs était promis à un avenir d’image souvenir, perdu sur de vieilles cartes postales mais, grâce à cette veilleuse, il perdure et témoigne. Sur l’île de Ouessant, c’est la mémoire des cinq phares qui refuse de s’éteindre tandis qu’à Plougastel, une jeune génération charmeuse et festive s’entraîne à la danse celtique et puise dans les costumes traditionnels l’envie de créer une mode singulière. Même les classiques offrent des surprises à l’image des rayures des marinières qui recèlent un cours d’histoire. Encore arborées par les mousses, elles symbolisent les vingt et une victoires napoléoniennes. Instructif.

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