Meurtre au pied du volcan

Deuxième enquête du flic islandais Helgi Runarsson, un polar soigné et intimiste en terre sauvage.

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Lorsqu’on évoque la solide tradition du polar nordique, l’Islande est souvent moins citée que ses voisins scandinaves. Mais elle ne présente certainement pas moins d’intérêt, offrant un regard singulier dominé par les spécificités et le particularisme de sa vie insulaire. On avait déjà goûté celui de Hamarinn (La falaise) en 2009, notable mini-série en quatre épisodes qui introduisait un jeune flic de la criminelle de Reykjavik, Helgi Runarsson, dépêché dans un village le temps d’y démêler une étrange affaire. On le retrouve cette fois au pied d’un volcan de Snæfellsnes, péninsule de l’ouest du pays bien connue du jeune homme, qui n’y a visiblement pas de bons souvenirs: après vingt-cinq ans d’absence, le policier est envoyé sur cette bande de terre sauvage pour enquête sur la mort d’un financier véreux. Flanqué d’une jeune inspectrice du coin peu expérimentée mais sacrément culottée, Helgi a tôt fait d’écarter la thèse du suicide et tente de dénouer les fils d’une enquête mêlant trafic de drogue, rancœurs et malversations sur fond de crise économique. Classique sur le plan de l’intrigue policière, Meurtre au pied du volcan utilise à merveille la beauté rurale des paysages islandais, piqués de champs de lave et de bicoques de bois éparpillées sur le front de mer. Entre modernité du sujet (le krach boursier de 2008) et pureté d’un décor naturel, la série croque des personnages attachants, isolés sur leur terre comme dans leur vie – à commencer par Helgi, père divorcé peu présent pour sa fille et marqué par le décès de son fils. Si cette nouvelle investigation du flic islandais joue moins sur le folklore local que la précédente, l’atmosphère sombre et mélancolique – peaufinée par une délicate bande originale – garde sa force d’attraction. Dommage qu’Arte en liquide les quatre épisodes en une soirée.

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