Stavisky, l’escroc du siècle

Retour sur les derniers mois de Stavisky, célèbre escroc des années 20. Une chute romanesque.

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Son bagout, son audace autant que sa mort sujette à caution (meurtre ou suicide?) ont fait de lui un personnage fantasmé. Après le Stavisky d’Alain Resnais, avec Jean-Paul Belmondo dans le rôle-titre, la télévision s’empare de la figure du célèbre escroc Alexandre Stavisky pour en conter la chute fatale. Nous sommes en 1933 et ce financier français à l’insolente réussite mène grand train. Mais en dépit de soutiens haut placés, « le beau Sacha », comme on l’appelle, est de plus en plus surveillé par la police. La fondation de crédits municipaux fonctionnant selon le système de Ponzi marquera son essor autant que sa perte: avec l’émission de faux bons au porteur à Bayonne, l’arnaque est mise au jour. Visé par un mandat d’arrêt, Stavisky fuit pour Chamonix, où il est retrouvé dans son chalet le 8 janvier 1934, une balle dans la tête. Un suicide, selon une version officielle vivement contestée. Le scénariste et réalisateur Claude-Michel Rome, lui, soutient clairement la thèse de l’assassinat et fait de son héros un escroc magnifique, père et mari aimant, dandy flamboyant et magouilleur un peu naïf. Un personnage romanesque et sympathique en somme, auquel Tomer Sisley prête ses charmants traits. L’arnaqueur de haut vol apparaît ici victime de ses origines – c’est un Juif d’origine russe – comme de la lâcheté de complices au sein de l’appareil d’Etat ou de la police. Et utilisé par une extrême droite vivace cherchant à déstabiliser le régime en place. Elle y parviendra sans peine: la mort de Stavisky provoque la chute du gouvernement radical-socialiste accusé de corruption et déclenche les émeutes antiparlementaires du 6 février 34. Malgré quelques raccourcis et facilités, le récit de ce retentissant scandale et de ses conséquences politiques se déroule clairement. Un Stavisky plaisant, porté par une convaincante brochette d’acteurs.

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