Le chapeau de Mitterrand

Un chapeau peut-il changer une vie? L’adaptation faiblarde d’un conte moderne.

Le chapeau de Mitterrand

La bonne fortune et la réussite sont-elles transmissibles par les pellicules? C’est ce que semble penser Daniel Mercier (Frédéric Diefenthal). Employé sous-estimé, torturé par un patron fossile, il termine une journée désastreuse devant un caprice: un plateau royal dans une brasserie chic. Feutre sur la tête et écharpe rouge autour du cou, François Mitterrand vient dîner dans le même lieu (c’est Laurent Claret, déjà vu en président dans Le pouvoir ne se partage pas qui endosse à nouveau le costume mal ajusté pour lui). Une fois les huîtres englouties, Mitterrand s’en va mais il oublie son chapeau sous la banquette. Daniel décide de se l’approprier et se sent soudain, dès 1986, l’âme d’un « winner ». C’est sûr, ce chapeau va changer sa vie. « Je voulais écrire une forme de conte qui se déroule dans les années 80, racontait Antoine Laurain après la sortie du livre donc le téléfilm est inspiré. Dans chaque conte il y a toujours un roi, et qui est le roi dans les années 80, en France? Quelle est la couronne de ce roi-là? C’est un chapeau de feutre noir. » 

L’adaptation, dont l’auteur a signé le scénario avec Robin Davis, reprend le fil du conte original: le chapeau magique voyage de chef en chef pour changer des vies et croise Roland Giraud, Frédérique Bel et Michel Leeb. Les hommes retrouvent le chemin du succès ou de leur conscience, l’unique femme comprend grâce à un pervers que « les hommes mariés n’épousent pas« , et elle est enfin en mesure de trouver l’homme de sa vie. Digne personnage de conte, le chapeau n’a pas les mêmes ambitions pour les princesses que pour le reste du royaume. Dépossédé de son grigri, Daniel frôle la démence mais tout se termine sur une grâce présidentielle. La magie est parfois plus facile à transmettre en mots couchés sur le papier que sur « pellicule ».

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