Shaun le mouton

C’était un rêve de gosse pour Nick Park. Après Wallace et Gromit, Shaun le mouton devient un héros de film. On en bêle de plaisir!

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Vingt ans que Nick Park (Chicken Run, coréalisé avec Peter Lord) en rêvait. Shaun le mouton s’était fait remarquer dans un coin de l’image, durant une aventure en court métrage de Wallace et Gromit, deux autres personnages en pâte à modeler nés de son imagination folle (Wallace et Gromit, rasés de près, 1995). Avec sa tonsure au bol, ses grands yeux écarquillés et son audace maladroite calquée sur Buster Keaton (le plus grand comique de tous les temps), Shaun crevait déjà l’écran. Une vraie bêêêêêête de scène!

Chance pour lui: il voit le jour dans les studios britanniques Aardman (génies de l’animation en pâte à modeler image par image admirés par le grand Miyazaki lui-même), sur le berceau desquels se sont visiblement penchées les fées du succès et de la créativité.

Mais pendant que Wallace et son copain font des merveilles en courant après le lapin-garou, Shaun, lui, dort dans les cartons et attend patiemment son heure. Ce n’est qu’en 2007 qu’il se voit décliner en série télé par la BBC, en capsules comiques de 7 minutes montre en main. L’effet est immédiat, c’est un véritable tsunami: la série est achetée aux quatre coins du globe. Et Shaun, bonne pâte et nouveau mètre-étalon du rire animé, fait encore aujourd’hui le régal des petits et grands spectateurs de France 3 et La Trois qui ne ratent pas une seule de ses aventures.

Le cinéma lui fait de l’œil. C’est bien beau tout ça, mais pourra-t-il tenir en haleine (de mouton) des spectateurs tout un film durant? D’autant que, pour corser l’affaire, l’animal ne parle pas. Nick Park confie le bébé aux réalisateurs Mark Burton et Richard Starzak, qui veulent encore accentuer le cousinage de Shaun avec les grands comiques slapsticks des années 20 (muets, donc!) et Charlot. Un pari fou à l’ère des grosses machines de guerre numériques de Pixar.

L’histoire du film est simple: Shaun veut profiter d’un jour off tranquille et envoie par accident son fermier préféré, devenu amnésique, dans la grande ville. La mission de Shaun et de ses comparses? Le ramener au plus vite à la raison et à la maison! Multipliant à cent à l’heure les idées visuelles et les hommages au cinéma artisanal des origines, Shaun le mouton passe allègrement le cap du long métrage. Pas un temps mort, une énergie à vous friser l’œil, des rires francs et une poésie folle… le film est un chef-d’œuvre burlesque de la trempe d’un Chaplin, pas moins!

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