Groland: le gros métrage

Le concept culte du petit écran est adapté en 90 minutes de pur délire.

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Prétexte à des moments déjantés depuis 1992 (en commençant par des séquences sur Canal +, puis en obtenant des programmes propres sur la même chaîne), le pays fictif de Groland a inspiré un long métrage. Un « gros métrage », pour être précis, ce qui représente un défi de taille. Car s’inspirer de l’information pour en proposer un bilan parodique hebdomadaire (Made in Groland, depuis 2012) est une chose. Adapter ce concept en film en est une autre. Les créateurs du Gros Métrage (Christian Borde alias Jules-Edouard Moustic et Benoît Delépine alias Michael Kael, piliers du concept Groland) ont dès lors pris le parti de raconter l’histoire de Guy et Noël (Gérald Touillon et François Neycken), deux potes grolandais qui pensent avoir trouvé la recette du succès. Soit une technique de taxidermie révolutionnaire qui pourrait leur rapporter des millions, pour peu qu’ils arrivent à trouver un financement de base… Pas gagné! Pourtant, après avoir testé à peu près tous les métiers de Groland, le duo est en besoin urgent d’argent…

Naviguant entre des personnages et des concepts bien connus des spectateurs de la version télévisée et des nombreuses nouveautés, le Gros Métrage ne tombe pas dans l’erreur de la private joke. Le film et son ton très décalé amuseront tant les inconditionnels de Groland que ceux qui n’en avaient jamais entendu parler. Point de sectarisme, donc, mais on retrouve la patte irrévérencieuse du programme, gage de succès depuis plus de 20 ans. C’est-à-dire une critique acerbe des dérives de nos sociétés, le tout enrobé d’un humour bien particulier (qui ne fait pas dans la finesse, si vous préférez). Entamé en 1999, ce Gros Métrage est sans prétention. Et à la hauteur de son homonyme télévisuel. C’est bien plus que ce que la majorité des adaptations du petit écran vers le long métrage peuvent revendiquer.

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