Les aventuriers de l’art moderne

Plantée dans le Paris du début XXe, une splendide série animée sur l’avant-garde artistique.

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En 1998, Dan Franck publie le premier tome d’une trilogie sur la vie foisonnante des précurseurs de l’art moderne, dans le Paris bouillonnant de la première moitié du XXe siècle. Bohèmes, Libertad! et Minuit composent alors un merveilleux voyage en compagnie de Picasso, Soutine ou Dalí, que l’écrivain adapte aujourd’hui dans un petit bijou de série documentaire. Bien plus qu’une transposition à l’écran, ces Aventuriers relèvent de l’art même: sous l’égide des réalisatrices Amélie Harrault (repérée pour son superbe court métrage Mademoiselle Kiki et les Montparnos, césar du meilleur film d’animation en 2014), Pauline Gaillard et Valérie Loiseleux (également monteuses), une équipe de graphistes donne vie aux grandes figures artistiques et littéraires de l’époque avec une éblouissante inventivité. Mêlant les techniques (papier découpé, animation traditionnelle, peinture sur verre…), les auteurs insufflent au projet autant de beauté que de fantaisie. Et imaginent une écriture visuelle poétique, onirique, incroyablement vivante, qui accompagne à merveille le récit de cette saga romanesque en six épisodes – diffusée jusqu’à vendredi à raison de deux volets par soir à 22h25. L’histoire débute par la rencontre du poète Max Jacob avec l’inconnu (mais déjà génial) Picasso et conte les premières aventures de la bande du Bateau-Lavoir, pittoresque refuge montmartrois où les deux hommes côtoient Guillaume Apollinaire, Georges Braque ou André Derain. L’on découvre leurs déceptions et leurs succès, leurs amours et leurs ruptures, leurs amitiés et leurs trahisons. L’on assiste aux débuts du fauvisme, du cubisme et du surréalisme, suivant ces fabuleux défricheurs avec un plaisir infini jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Un formidable travail de création et de montage, dont le résultat est aussi intelligent que réjouissant.

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