La mort d’Auguste

Darroussin, Duléry et Solo s’entredéchirent autour de l’héritage paternel dans cette adaptation de Simenon.

mort_2_-_france_3

1965. Au cœur du quartier des Halles de Paris, le vieil Auguste Mature, patron du restaurant Chez l’Auvergnat, meurt brutalement un soir de service. Son fils aîné et associé, Antoine (Jean-Pierre Darroussin), assure comme il peut jusqu’au départ des derniers clients. Mais la tâche devient encore plus délicate quand il doit prévenir ses deux frères, Ferdinand, juge d’instruction (Antoine Duléry) et Bernard, le mouton noir de la famille (Bruno Solo). Car les relations dans la fratrie ne sont pas vraiment au beau fixe. Ce n’est pas la disparition du patriarche qui va arranger les affaires. Surtout quand l’héritage se profile. Et que les femmes et des intéressés n’hésitent pas à mettre en plus leur grain de sel. Réunis à l’occasion du deuil, les trois fils vont chercher en vain un testament, des papiers ou de l’argent que leur paternel a dû laisser. Seul cet héritage hypothétique laisse au second plan l’organisation des obsèques du bistrotier. Georges Simenon s’avère désormais la grande source d’inspiration du réalisateur Denis Malleval et de son complice, le scénariste Jacques Santamaria. Après La boule noire avec Bernard Campan, diffusé en février dernier et L’escalier de fer avec Laurent Gerra, le cinéaste s’empare cette fois-ci de La mort d’Auguste, un roman très noir et cruel. Climat pesant, personnages sombres, cupides et veules sont au centre de ce drame intérieur traitant de la désagrégation d’une cellule familiale. Face à un Darroussin tout en sobriété et en violence contenue, Bruno Solo est impeccable dans son rôle de loser agressif, alcoolique et sans cœur. Quant à Antoine Duléry, il rompt enfin avec ses habituels personnages d’extraverti pour camper le frangin le plus trouble et ambigu. Une agréable surprise qui mérite d’être saluée.

Sur le même sujet
Plus d'actualité