La cité du livre: Plantu

Le dessinateur-caricaturiste français Plantu, qui fait toujours régulièrement la une du journal Le Monde, est l'invité de La cité du livre

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« Faire le pont avec des crayons, entre notre monde et d’autres mondes ». Voici comment Plantu voit son travail de caricaturiste, lui qui croque au Monde depuis 1985. Bâtir des ponts, donc, Jean Plantureux y arrive parfois bien. Au lendemain des attentats de Paris du 13 novembre, il montre une Marianne éclairant la Ville lumière avec la tour Eiffel. Mais il se montre beaucoup plus maladroit, voire carrément étrange, lorsqu’il dépeint une famille de migrants, prêts à travailler le dimanche, avec un père de famille au ventre rebondi, aux antipodes des hommes jeunes et émaciés que l’on voit arriver de Syrie et d’Irak. Ceux-ci font face à un ouvrier, lui aussi plutôt bien nourri, prêt à casser la tronche d’un homme à lunettes (un patron?). Une vision du monde assez étroite (notamment du combat pour le droit des travailleurs, mais aussi du statut des migrants en général) qui a été critiquée par d’autres médias français. Les relations de Plantu avec d’autres caricaturistes sont parfois tendues, comme le rappelle cet échange avec Riss, de Charlie Hebdo, lors d’un colloque de l’organisation Cartooning for Peace où une caricature comportant un Mahomet flouté avait été montrée. Plantu se refuse à représenter le Prophète. Et sait argumenter son choix. En ces temps tourmentés pour les caricaturistes, qui sont au cœur des débats sur la liberté de la presse, La cité du livre invite le dessinateur français et l’interroge sur son engagement et sa vision du rôle politique que joue un dessin. 

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