On a tous en nous quelque chose de Jacques Martin

Il pouvait être mielleux, odieux, gnangnan et cabotin, mais Jacques Martin avait aussi tous les talents. En télé et ailleurs…

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C’est Laurent Ruquier qui conduit l’émission de ce soir. Il fait partie de ces « petits jeunes » que Martin a fait connaître. Comme Laurent Baffie, Daniela Lumbroso, Julien Courbet, Pierre Desproges, Laurent Gerra et Virginie Lemoine, Daniel Prévost ou Stéphane Collaro. Voilà donc une émission qui porte bien son nom. Car toutes les générations, de téléspectateurs et de professionnels, ont des souvenirs de Jacques Martin. Il est mort en 2007, à 74 ans, après une retraite imposée par un AVC. Une triste fin de vie pour un stakhanoviste de l’humour et du plaisir.

Lyonnais patelin élevé chez les jésuites (jusqu’à son renvoi), dans le culte de l’irrévérence et de la gourmandise, Jacques Martin voulait tout faire: théâtre, cabaret, opérette, chanson, cinéma, radio… Et il a réussi à toucher à tout pendant près de 40 ans. C’est d’ailleurs comme « chansonnier » qu’il a formé un duo avec Jean Yanne, alors journaliste. Brillants, cultivés, drôles et corrosifs, ces deux-là se sont trouvés. Ils commencent en télé, en 1964, dans 1 = 3. Yanne ne fera qu’y passer, mais Martin va s’y cramponner. Il enchaînera ensuite des choses aussi diverses que Les grands enfants, un divertissement animé par une pléiade de comiques (Jacqueline Maillan, Jean Poiret, Francis Blanche…), Midi chez vous avec Danièle Gilbert, le mythique Petit rapporteur ou l’indestructible Ecole des fans.

Au milieu des années 90, Jacques Martin, cantonné aux émissions familiales du dimanche, commençait à lasser. Seules ses participations aux Grosses têtes (avec Bouvard) ou à On va s’gêner (avec Ruquier) témoignaient encore de son esprit vif et féroce. Aujourd’hui, on renoue avec tous les talents d’un homme qui rêvait d’être un grand artiste.

 

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