Coûte que coûte: L’huile de palme

Durant plusieurs mois Muriel Charbonnier et son équipe ont enquêté sur les dégâts - ou non - de l'huile de palme.

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L’huile de palme est presque unanimement clouée au pilori. Votre reportage adopte un ton plus nuancé. Pourquoi?

Muriel Charbonnier – Nous avons vu une publicité sur l’huile de palme durable et cela nous a interpellés. L’huile de palme est victime d’une chasse aux sorcières, de nombreux articles la dépeignent comme un poison et nous avons voulu aller voir plus loin.

Qu’avez-vous trouvé?

M.C. – Si ce n’est pas la meilleure huile du monde, elle n’est pas pire que d’autres matières grasses riches en acides gras saturés. Elle contient des vitamines E, des béta-carotènes, notamment, ce qui n’est pas mauvais. Le souci, c’est qu’elle est présente dans beaucoup de produits industriels transformés. Mais les nutritionnistes pointent surtout le danger d’une consommation intense d’acides gras saturés en général, et pas que de l’huile de palme. Il faut apprendre à lire les étiquettes et à adapter son régime. C’est sûr que si vous mangez de la pâte à tartiner le matin, des gaufres l’après-midi, des chips et des crackers le soir de façon régulière, vous augmentez vos chances de consommer pas mal d’huile de palme.

L’huile de palme, qui provient de vastes plantations de palmiers, en Indonésie, en Malaisie, en Afrique, cause une déforestation massive. Vous êtes partie en Malaisie pour voir ce qu’il en était…

M.C. – On nous a emmenés dans une plantation d’huile de palme durable, où les droits des travailleurs mais aussi l’environnement et le respect des ressources naturelles sont pris en compte. Bien sûr, cette production durable ne représente que 20 % de la production mondiale, mais cela montre aussi qu’il y a une forme de prise de conscience. La certification RSPO existe depuis plusieurs années pour reconnaître les producteurs d’huile de palme durable qui luttent contre la déforestation et mettent en place des conditions de travail décentes. Des ONG comme le WWF sont partie prenante de cette certification. La grande question qui s’annonce c’est l’augmentation de la consommation des produits industriels transformés dans les pays émergents comme l’Inde ou la Chine, et la demande en huile de palme accrue qui pourrait en résulter.

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