Mon nom est Fleming, Ian Fleming

Né de l'imagination fertile d'un auteur au destin tout aussi hors du commun que son personnage, l'agent le moins secret de sa Gracieuse Majesté revient pour de nouvelles aventures bondissantes.

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17 mars 1961. Voilà presque dix ans qu’un écrivain britannique publie les péripéties d’un agent du MI6 entouré de jolies femmes, de bolides vrombissants et de méchants atypiques. Les Anglais apprécient ces récits d’espionnage, mais la série peine à se faire connaître outre-Manche. Jusqu’à ce qu’un certain John Kennedy, dans une interview au magazine Life, cite Bons baisers de Russie dans le top 10 de ses romans préférés. Le nom du héros? Bond, James Bond!

Cinquante ans plus tard, 007 est resté un personnage culte, dont chaque nouveau film suscite des attentes phénoménales auprès du public. Le 24e épisode (voire même le 25e si on compte le non-officiel Jamais, plus jamais) va remplir à craquer les cinémas ce mois-ci, comme à chaque fois depuis que Daniel Craig, avec Casino Royale, est devenu le sixième acteur à prêter ses traits au beau James. En voulant donner une nouvelle orientation – plus sombre et introspective – à la saga, les producteurs ont décroché la timbale. Quitte à déconcerter, voire franchement agacer, les inconditionnels du 007 ancienne mouture, sûr de lui, dragueur à tout va et manieur de gadgets aussi spectaculaires qu’invraisemblables.

Ian Fleming, créateur du mythe, aurait-il pu imaginer l’énorme machine commerciale qu’est devenu son héros de papier? Issu d’une famille de la haute société écossaise, diplômé de Eton, engagé dans le service de renseignements de la marine pendant la guerre, l’écrivain aura juste le temps d’assister au début du triomphe, avec les deux premières adaptations de son œuvre sur grand écran. Il mourra prématurément d’une crise cardiaque en août 1964, moins d’un an après son plus fervent lecteur, le président Kennedy, qui avait eu droit à une projection privée de Bons baisers de Russie à la Maison Blanche peu avant son assassinat.

Aujourd’hui, même les monarques craquent pour 007: Elisabeth II en personne a donné la réplique à son agent secret dans une scène mémorable de la cérémonie d’ouverture des J.O. de Londres en 2012. Il y a donc fort à parier que Spectre, suite directe de Skyfall et toujours réalisé par Sam Mendes, hantera durant de nombreuses semaines les salles obscures. Décidément, James n’est pas prêt de faire faux Bond!

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