Faites entrer l’accusé: Yvan Colonna, la traque

Le berger et le préfet: retour sur l'une des affaires les plus médiatiques de ces dernières décennies.

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Sacrée affaire que celle sur laquelle se penche ce soir Frédérique Lantieri: l’assassinat d’un préfet – le seul, à ce jour, perpétré depuis la Libération. Un climat tendu – la Corse, où les groupes nationalistes se livrent une guerre fratricide. Un contexte politique singulier – la France traverse une nouvelle période de cohabitation. Et une enquête erratique qui connaît des ratés sur fond de rivalité entre polices. Un dossier fort complexe en somme, que ce numéro de Faites entrer l’accusé reprend chapitre par chapitre, depuis ce 6 février 1998 où Claude Erignac est tué à Ajaccio de trois balles dans la tête. Après plusieurs arrestations qui ne mènent nulle part, six hommes sont interpellés. Ne reste plus qu’à retrouver celui que les coaccusés désignent comme le tueur, un certain Yvan Colonna. Mais la police tarde et le berger corse les prend de court: après une conférence de presse dans laquelle il clame son innocence, il prend le maquis et entame une cavale qui durera plus de quatre ans. Son arrestation en 2003 ne signe pas la fin de l’histoire pour autant: condamné à trois reprises à la perpétuité, malgré l’absence de preuves scientifiques, Yvan Colonna saisit en 2013 la Cour européenne des droits de l’homme. Pour éclairer cet imbroglio judiciaire, Frédérique Lantieri en convoque les principaux acteurs – avocats, juges, policiers, nationalistes. Au fil de leurs interventions s’esquissent les responsabilités des différentes parties. Les erreurs ou maladresses des forces publiques (fils d’un ancien député, Colonna aurait-il été protégé?), mais aussi le repentir du commando Erignac, dont l’un des membres, Joseph Versini, avoue regretter le crime commis. La culpabilité d’Yvan Colonna, dénoncé à plusieurs reprises par ses « amis » dont certains sont revenus sur leurs déclarations, fait, elle, toujours l’objet de doutes.

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