Thema: Le pouvoir de la terreur

Durant trois semaines, Xavier Muntz a suivi des combattants kurdes et yézidis dans leur lutte contre l'État islamique.

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C’est un document exceptionnel qui a reçu le prix Bayeux des correspondants de guerre qu’Arte nous propose ce soir, en deuxième volet de son Thema consacré au pouvoir de la terreur et à la profonde instabilité qui déchire la Syrie et l’Irak. Tout démarre dans le Sinjar, cette montagne du nord de l’Irak où les combattants de l’État islamique ont commencé à encercler les yézidis, une communauté kurdophone dont la religion plonge ses racines dans le zoroastrisme. Pour l’État islamique, les yézidis sont des « adorateurs du diable ». S’ils perdent le combat, il ne leur reste que la possibilité de se convertir ou de mourir.

Le documentaire de Xavier Muntz suit principalement une offensive de combattants kurdes syriens, turcs (le PKK) ou irakiens (les Peshmerga) dans leur tentative de reprendre la ville de Sinjar. Peuplée autrefois par plus de 400.000 personnes, elle est dorénavant quasiment vide et tenue par l’État islamique. On découvre l’armement, parfois sommaire, et un mode de vie militaire réduit à une extrême sobriété. Du thé, des cigarettes, des chants pour se motiver contre Daech ponctuent le quotidien des soldats. Les femmes jouent aussi un rôle important. Chez les Kurdes, elles sont invitées à combattre. Un Américain venu du Wisconsin, conservateur dans l’âme, n’hésite pas à se mêler aux marxistes-léninistes du PKK pour rejoindre les combats.

En fin de soirée, Arte propose une enquête passionnante et inédite sur l’une des tactiques les plus effroyables du régime de Bachar el-Assad pour museler les opposants: l’enlèvement, suivi de la torture et très souvent d’une disparition définitive. Parmi les pièces du dossier, le rapport « César », qui contient 55.000 photos de 11.000 détenus torturés dans les prisons syriennes.

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