Histoires d’arbres

Platane dans le lac Léman, chêne à clous en Belgique, ce document creuse la relation entre des arbres pas comme les autres et les humains qui les entourent.

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Actuellement occupé à écrire sa première fiction, Henri de Gerlache vient de terminer une série documentaire sur des arbres exceptionnels. Avec deux autres réalisateurs, Christophe d’Yvoir et Yannick Cherel, il a sillonné l’Europe pour capter le lien sacré, parfois teinté de légendes et de croyances, que les hommes entretiennent avec eux.

 

D’où est venue l’idée de travailler sur ces arbres?

HENRI DE GERLACHE – A l’origine, je voulais réaliser un documentaire sur saint François d’Assise. Il y avait dans l’histoire un cyprès, dans un monastère franciscain en Italie. Le projet ne s’est pas fait, mais ça a nourri, comme dans beaucoup de documentaires, un autre projet, qui serait de raconter la vie d’arbres exceptionnels. Non pas d’un point de vue botanique ou scientifique (même si l’on donne des informations à ce sujet) mais bien dans leur relation avec les communautés des alentours.

 

Comment avez-vous sélectionné les arbres présentés dans la série documentaire?

H. de G. – Le critère qui veut qu’un arbre soit « remarquable » est assez subjectif. On a donc procédé en entonnoir, avec des recherches, d’abord, puis on est allés sur place. On les a choisis pour leur esthétique mais aussi en fonction de la communauté de gens qui vivaient sur place et leurs relations avec cet arbre. Nous n’avons pas pris d’arbres qui ne faisaient qu’attirer des touristes. Un arbre, c’est vertical et ça bouge peu, contrairement au cinéma. Il a fallu être créatifs dans la manière de filmer. Et c’est grâce aux humains liés à ces arbres qu’on y est parvenus.

 

Vous avez filmé en Grèce, en Suisse, en Allemagne, au Royaume-Uni, en France et en Belgique. Quel arbre vous a le plus marqué?

H. de G. – Le chêne à clous de Herchies (un arbre qui est recouvert de tissus cloués par des personnes espérant une guérison ou un bienfait – NDLR). Sa fonction touche à quelque chose d’intime et il a fallu convaincre les habitants qu’on ne venait pas pour faire de voyeurisme. On a dû être patients, mais le bouche à oreille aidant, les villageois ont commencé à comprendre qu’on n’était pas bien méchants et les langues se sont déliées. Cette tradition perdure aujourd’hui, ce n’est pas simplement du folklore.

 

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