Alain Delon, cet inconnu

Portrait d’un des acteurs français les plus populaires de tous les temps. Mais dont on sait finalement bien peu de chose…

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Près de nonante films à son actif, une renommée internationale, un visage dont la beauté a rarement été égalée. A près de 80 ans (il les fêtera le 8 novembre), Alain Delon est, selon ses propres termes, un des rares mythes vivants du XXIe siècle. Le grand public sait de lui ce qu’on en lit dans la presse. Il lui arrive de parler de lui à la troisième personne. On le dit autoritaire, narcissique, proche des idéologies d’extrême droite. Le comédien serait un homme à femmes, aussi. Il entretient des relations tendues avec certains de ses enfants. Bref, Alain Delon traîne une réputation d’arrogance pure sauvée par un indéniable talent.

Très peu, cependant, savent ce qui se cache derrière l’image médiatique. C’est cet étranger que Philippe Kohly tente de comprendre dans un film d’1 heure 30. Au travers d’extraits de films, d’interviews et d’archives (qui s’étendent sur 50 ans), les spectateurs découvrent un autre Delon. Un gamin qui n’a pas pris de cours de comédie et qui n’a jamais rêvé de célébrité. Un acteur qui fait sobrement ses débuts à 22 ans. Avant que son physique charismatique (et, malheureusement dans une moindre mesure, son talent) ne fasse de lui le chouchou des réalisateurs. Devenu en l’espace de quelques années une star adulée et l’objet de tous les fantasmes, Alain Delon s’est renfermé. Agacé, sans doute, par ses propres contradictions et par un succès qu’il n’a pas rêvé, il aspire à une liberté inconditionnelle. Les contraintes de son existence d’icône l’emprisonnent dans une vie qui ne lui convient pas. Sa réponse à la contrariété? L’isolement. Au final, Philippe Kohly présente un Alain Delon entouré et adulé mais très seul. On en oublie presque l’acteur qui affirmait « J’aime qu’on m’aime comme je m’aime ». On se prend en tout cas de bienveillance pour l’homme enfermé dans sa tour d’ivoire…

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