Un voyage avec Martin Scorsese à travers le cinéma américain

Réalisateur phare du Nouvel Hollywood, Martin Scorsese investit la grille d’Arte le temps d’un réjouissant hommage.

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Il est un peu l’homme de cet automne. Martin Scorsese, 72 ans et vingt-trois longs métrages au compteur (deux autres attendent d’ores et déjà de nous ravir en 2016 et 2017), se voit doublement consacré: par la rétrospective que lui consacre la Cinémathèque française de Paris jusqu’au 14 février prochain et par le prix Lumière 2015, remis le 16 octobre pour l’ensemble de son œuvre. Mais il n’avait sans doute pas besoin d’une telle actualité pour inspirer à Arte le désir de lui ouvrir ses grilles, une semaine durant. Six films et un documentaire – sans compter l’émission Personne ne bouge! qui inaugure le cycle avec humour et légèreté – pour plonger dans l’univers puissant du réalisateur et goûter la cinéphilie de cet érudit amoureux du septième art. Six films pour découvrir « son » New York également, théâtre de l’enfance qu’il passa dans le quartier de Little Italy et décor récurrent de ses films – poisseux dans Taxi Driver (palme d’or à Cannes en 1976), mondain dans Le temps de l’innocence. Mais toujours violent, bouillonnant d’une énergie qui avale ses héros – même lorsque Scorsese délaisse la communauté italo-américaine dont il est issu et ses voyous dont il aurait pu être. Il aurait pu, s’il n’avait pas rencontré dès son plus jeune âge un art qui sauve bien des vies. Plus qu’une passion, un délicieux virus dont il analyse les effets dans le documentaire-fleuve qu’il coréalisa avec Michael Henry Wilson et qu’Arte diffuse en trois parties.

Un voyage avec Martin Scorsese à travers le cinéma américain n’est pas seulement la vision d’un réalisateur sur un siècle de pellicule au pays de Thomas Edison. Il est aussi l’analyse, précise et vivante, d’une vocation née devant Duel au soleil, chef-d’œuvre de King Vidor que sa mère lui fait découvrir alors qu’il n’a que 4 ans. Nourri de plus de trois cents extraits de films, le voyage constitue une sorte de « musée imaginaire » comme il l’appelle, où chaque œuvre citée raconte autant l’évolution du cinéma américain que la mythologie Scorsese – la famille, la religion (adolescent, il envisageait de devenir prêtre), la rédemption, la mafia, la violence, la musique… Et la cinéphilie, donc, dont Scorsese prouve l’étendue en convoquant ceux, parfois oubliés de l’histoire, qui l’ont inspiré – Samuel Fuller, Jacques Tourneur, Nicolas Ray ou John Cassavetes. Un documentaire aussi personnel, vif et foisonnant que ses films – et un hommage follement galvanisant.

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