Borderline

La fin justifie-t-elle les moyens? Inspiré d’une histoire vraie, un téléfilm qui interroge la police d’aujourd’hui.

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Si Olivier Marchal a quitté la police, la police n’a jamais vraiment quitté Olivier Marchal. Devenu acteur et réalisateur, l’ancien inspecteur à la brigade criminelle s’est souvent attaché à décrire la difficile condition de flic et la tentation de franchir la ligne jaune. Après 36 quai des Orfèvres et Braquo, il revient à son thème fétiche avec Borderline, triplement récompensé au dernier festival de La Rochelle (meilleur téléfilm, meilleure musique pour Erwann Kermorvant et meilleure interprétation masculine pour Patrick Catalifo). L’histoire – très librement adaptée du témoignage du policier Christophe Gavat 96 heures, un commissaire en garde à vue – de Willy Blain, chef de la BRB, placé en garde à vue, après vingt-cinq années de bons et loyaux services, pour association de malfaiteurs, trafic de stupéfiants, vol en réunion et détournement de scellés. Quatre jours durant lesquels il subit le même sort que ceux qu’il arrêtait jusqu’alors: fouille, perquisition, intrusion dans sa vie privée. Quatre jours de face-à-face avec l’inspectrice chargée de faire la lumière sur cette affaire. Il a flirté avec la légalité pour résoudre des affaires; elle ne jure que par la procédure. Mais au fil de leurs entrevues, les certitudes de la jeune femme se fissurent et la réalité se fait plus complexe. Qu’est-ce qu’un bon flic? Si dérives il y a, qui sont les véritables responsables? La démarche d’Olivier Marchal est claire: questionner les méthodes de la police d’aujourd’hui et pointer l’hypocrisie de la hiérarchie. La fiction, tendue, tient la route. Mais le message, trop appuyé, manque de subtilité et le réalisateur en rajoute dans le romantisme sombre qu’il insuffle dans son scénario. Reste un sujet sociétal d’importance, que Julian Bugier continuera d’explorer sur son plateau à l’issue du téléfilm.

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