Human

Après Home, Yann Arthus-Bertrand dresse le portrait de l’humanité au travers d’une centaine de témoignages. Universellement beau.

human_1_-_france_2

France 2 s’en souvient encore. En 2009, la chaîne diffusait le premier long métrage de Yann Arthus-Bertrand. Verdict: Home rassemblait 8,3 millions de téléspectateurs, malgré la sortie conjointe de ce documentaire écolo au cinéma. C’est peu dire, donc, que le nouvel opus du photographe-réalisateur était particulièrement attendu, par le diffuseur comme par le grand public. Ouvrant une longue soirée spéciale programmée ce mardi, Human ne se place pas vraiment dans la veine verte de Home – même si l’on y retrouve ce qui est la marque de fabrique de Yann Arthus-Bertrand: de sublimes vues aériennes de la planète, véritable ode à la nature et invitation à en prendre soin. Aussi belles soient-elles, ces images offrent surtout ici une respiration, un temps de réflexion et de rêverie qui ponctue le récit principal du film: celui de l’homme. Un récit constitué de plus de cent voix recueillies aux quatre coins du monde, témoignages touchants, voire troublants, regroupés par thèmes – la guerre, le bonheur, l’amour, le travail, les violences conjugales, le sens de la vie… Cadrés en gros plan sur fond noir, les visages s’imposent avec force, soutiennent le regard. On ne connaît ni le nom des personnes interviewées, ni leur pays: elles sont chacune les représentantes d’une humanité dont le réalisateur entend ainsi souligner l’unité au-delà des différences. Des êtres confrontés à des sentiments, des émotions, des drames et des questionnements semblables. Il y a ça et là des voix dissonantes, moins consensuelles – comme cet homme qui se réjouit d’avoir une femme exceptionnelle, comprenez soumise à sa vision d’un couple où le mâle domine. Mais l’objectif principal reste de relier entre eux les individus, de souligner l’universalité de la condition humaine, la lumière qui perce l’ombre, la rédemption toujours possible – le premier témoignage s’en fait l’écho. Un message résolument positif donc, et destiné à rassembler, comme le suggère un troisième type d’images, plans de foules filmées à hauteur d’homme et dont le documentaire capte l’élan commun, l’unité, encore. On pourra reprocher à Yann Arthus-Bertrand sa propension à l’esthétisation, la sophistication de la réalisation où se noient parfois le message et la longueur de la démonstration. Reste que ce voyage intime est grandiose, réjouit l’œil et enthousiasme l’âme, interpellée par la parole précieuse et inspirante de ces humains, anonymes et inoubliables.

Sur le même sujet
Plus d'actualité