Cash investigation: Santé la loi du marché

Pour colmater leur trésorerie, les hôpitaux français se sont mis à opérer tous azimuts. Cash Investigation enquête sur le malaise des soins de santé français.

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Fin du mois d’août dernier, la ministre française de la Santé, Marisol Touraine, a reçu un rapport sur son bureau, lui suggérant de fermer 67 services d’urgence dont l’activité est jugée trop faible et, forcément, peu rentable. En France, comme en Belgique, les conceptions des soins de santé entrent en opposition de plus en plus frontale, entre ceux qui les perçoivent comme un service public qui doit avant tout être qualitatif et ceux qui les enlacent de critères liés au chiffre, à la compétitivité et à la rentabilité.

Ce soir, Cash Investigation ausculte sous pas mal de coutures le système de soins de santé français en partant d’un constat: le fameux trou de la sécu a atteint 11 milliards d’euros en 2014, et la dette des hôpitaux a explosé au cours des quinze dernières années. L’équipe d’Elise Lucet s’est demandé comment cette dette était résorbée, et a découvert une tentation très forte de multiplier les opérations sur les patients afin d’augmenter leur facture. En repartant des bases de données sur les soins de santé, Cash Investigation dresse la liste des hôpitaux qui opèrent le plus et pour des raisons discutables, voire franchement douteuses. L’industrie pharmaceutique, elle, semble moins ruinée que les hôpitaux constate Cash. Notamment grâce à sa capacité à refourguer des médicaments en grande quantité, sur des durées très longues, mais dont l’utilité est de plus en plus remise en cause. C’est le cas notamment des statines (consommées par sept millions de Français), qui permettent de lutter contre le cholestérol.

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