Black Mirror: Blanc comme neige

Un cruel conte de Noël avec le héros de Mad Men: Black Mirror lance un nouvel uppercut de 70 minutes.

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Depuis la découverte de ce petit bijou de série « technorrifique », l’on attendait avec impatience une nouvelle fournée de Black Mirror, que son créateur Charlie Brooker nous livrerait, à coup sûr, aussi brève et percutante que les deux premières. Percutant, cet inédit l’est en effet, mais il s’offre ici dans un format original, proposé sur Channel 4 en décembre dernier: un épisode spécial Noël de 70 minutes – qui n’a évidemment rien d’un joli conte. Une même histoire, donc, mais composée de trois récits dont la tension va crescendo et que relie le personnage principal – incarné, argument suprême, par Jon Hamm, le Don Draper de Mad Men, parfait en vieux roublard. Il incarne ici Matt, Américain coincé avec un Anglais dans un minuscule refuge. On ne sait pas ce qu’ils font là, ils se connaissent à peine. Mais en cette neigeuse nuit de Noël, le volubile Matt entame la conversation et incite son comparse à faire de même. En parallèle à ce huis clos étouffant se révèle alors, par flash-back, le souvenir de ce qui les a menés là. De sombres souvenirs, où l’usage des nouvelles technologies s’est révélé dramatique. Habilement, Charlie Brooker joue avec les peurs et les fantasmes suscités par les NTIC (nouvelles technologies de l’information et de la communication) – les Google Glass, les réseaux sociaux… – pour pointer les monstrueuses dérives d’une vie où objets connectés et intelligence artificielle seraient devenus aussi banals qu’un simple portable. Un épisode dense d’une cynique cruauté, qui vient ajouter une pierre bien rugueuse à la construction de cette efficace réflexion entreprise par Black Mirror.

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