Transparent Saison 1

Un père de famille révèle aux siens qu'il a toujours voulu être une femme. Un plaidoyer tout en finesse pour la tolérance.

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Il a le visage rugueux de ces hommes que la vie a marqués impitoyablement. Mais bizarrement, Morton (Jeffrey Tambor, vu dans Arrested Development) affiche une certaine sérénité. Tout au long de son existence, ce père de famille a réfréné en lui le besoin d’être une femme. Désormais, toutefois, le regard des autres l’indiffère. Ou presque. Et il suffit à ce septuagénaire d’enfiler sa perruque et de se maquiller pour qu’il s’illumine et que ses yeux deviennent enfin expressifs. C’est décidé: il est temps pour lui d’assumer sa vraie nature. « Mort », comme on le surnomme, veut qu’on l’appelle Maura. Et il lui faut à présent l’avouer à Shelly (Judith Light, Madame est servie) son ex-femme, et à ses trois enfants: Ali (Gaby Hoffmann), Josh (Jay Duplass) et Sarah (Amy Landecker). On s’imagine dès lors que la nouvelle fera l’effet d’une bombe. Mais en réalité, l’annonce va provoquer des réactions plutôt inattendues sur son entourage…

Clé de voûte de cette fiction proposée originellement en streaming sur le site américain d’Amazon, Jeffrey Tambor est hallucinant de justesse dans ce rôle que certains pourraient considérer comme dérangeant. Son interprétation, on ne peut plus crédible, impose d’emblée le respect. Et sa transformation ne déclenche aucune gêne. Ni même de rires nerveux, alors que, pourtant, le postiche n’est vraiment pas l’accessoire qui lui sied le mieux. Entièrement chapeauté par Jill Soloway qui a produit, scénarisé et réalisé en grande partie le feuilleton (et dont le papa est transgenre), Transparent peut surprendre par certains partis pris. La série ne cherche pas à expliquer pourquoi cet homme veut devenir une femme. C’est un acquis, il faut faire avec, et c’est très bien comme ça. En revanche, elle n’hésite pas à nous plonger dans le passé grâce à de nombreux flash-back qui nous détaillent certaines phases d’acceptation par lesquelles le héros est passé. Mention spéciale au comédien Bradley Whitford (A la Maison Blanche) qui accompagne ces quelques retours en arrière.

D’ores et déjà prolongés pour une deuxième et une troisième années, ces dix premiers épisodes de Transparent ont été salués par la profession et par la critique. Considéré par beaucoup comme une comédie (elle a d’ailleurs récolté un Golden Globe dans cette catégorie, en plus de celui accordé à Jeffrey Tambor), le récit, qui suscite quelques sourires, est avant tout une histoire bouleversante qui devrait faire œuvre de pédagogie.

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