Le capitaine Marleau

Un polar classieux, un Depardieu magique et une héroïne givrée comme on les aime. Banco.

marleau_2_-_rtbf

« Vous avez vu le casting? Jean-Claude Drouot, Hélène Vincent, Gérard Depardieu, Jean Benguigui… C’est waouw! » Celle qui parle, c’est Corinne Masiero, alias le capitaine Marleau, l’héroïne du téléfilm signé Josée Dayan. Une production trois étoiles, qui pourrait bien devenir le pilote d’une série, et c’est tant mieux. La gendarmette chti, mutée à Perpignan, est un ovni dans le paysage policier français. Avec son accent et sa dégaine improbables, elle déboule comme un gros chien pataud, des poils devant les yeux, les pattes pleines de boue, mais un flair imparable. Une vraie trouvaille que ce personnage « tout droit dehors », capable d’une profonde empathie, interprété avec panache par Corinne Masiero, qui s’amuse comme une folle, notamment avec Jean-Claude Drouot, en médecin légiste iconoclaste.

Ce sont bien les seuls… Car l’affaire est tragique. Philippe Muir (Gérard Depardieu), patron d’une société de transports, a découvert au bureau le corps de sa comptable. Avant même d’appeler la gendarmerie, il se précipite chez sa sœur, Blanche (Hélène Vincent), à la recherche de son fils, Samuel (Samuel Mercer), avec qui il entretient une relation tendue depuis la mort de sa femme… Le soupçonnerait-il?

Marleau se rend vite compte que les rapports sont aussi compliqués qu’étroits, tant au sein de la famille Muir que dans l’entreprise où travaillent Philippe, Blanche, Samuel, le conducteur Pierrot Lecoudre (Jean Benguigui) et la secrétaire Jennifer Lavaux (Julie Dumas). Un téléfilm réussi, servi par des acteurs de haut vol (Depardieu et Hélène Vincent sont magnifiques), dans une ambiance lourde et grise comme un polar scandinave. Seul regret, la lenteur confine parfois à la passivité. Mais dès qu’apparaît Marleau, la vie reprend.

Plus d'actualité