Retour aux sources: La révolution du rétro

La révolution rétro détricote les raisons et les valeurs d'un nouvel art de vivre qui aime regarder dans le passé.

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Pour pousser le réalisme jusqu’au bout, les réalisateurs de Mad Men ont demandé à leur équipe de vérifier que tous les objets de décoration, tous les accessoires, tous les costumes soient absolument certifiés « New York, années 60 ». C’est ce cachet, perfectionniste dans l’âme, qui a sans nul doute contribué à l’immense succès de la série. L’air culturel actuel, à la suite de Mad Men, a pris l’habitude de se retourner vers le vingtième siècle, section années folles jusqu’aux années soixante. Michel Hazanavicius a emmené Jean Dujardin rejouer les grandes stars du muet dans The Artist et Leonardo DiCaprio s’est embarqué dans une nouvelle adaptation, tout en paillettes et grandiloquence, de Gatsby le Magnifique, le chef-d’œuvre de Francis Scott Fitzgerald, grande figure des années folles, avec tout ce que cela implique de fête et d’insouciance avant le grand crash de 1929. Aujourd’hui, pas mal de gens, plutôt citadins, s’imprègnent entièrement de ces traces du passé. Comme s’ils ne se retrouvaient pas tout à fait à l’aise dans certains pans de notre époque. C’est le cas de de Lady Flo, jeune femme habitant à Anvers et qui aime chiner dans les magasins vintage de la capitale. Pour elle, le rétro n’est pas qu’un style vestimentaire, c’est un véritable art de vivre. Un retour à des valeurs, estime-t-elle, comme la courtoisie mais aussi l’amour du beau. Lady Flo fait partie des personnages pivots de La révolution rétro, documentaire, filmé avec élégance, qui ausculte sous toutes les coutures ce phénomène de société, et tente d’y trouver des explications. Une brochette de spécialistes déboulent, offrant quelques clés bien utiles. Un monde trop consumériste pousse certains, plutôt aisés et éduqués, à se replonger dans le passé, pour y trouver des objets et des vêtements qui n’ont pas pour unique but d’être fonctionnels. Dandy Wellington, un chanteur de jazz new-yorkais plutôt excentrique, nous emmène dans son étonnante garde-robe, où la position d’un bouton peut tout changer à sa façon de se montrer au monde. Tout au long du documentaire, en guest star, on retrouve l’inévitable Dita Von Teese, danseuse burlesque et héritière des pin-up des années 50, qui nous délivre (avec intelligence) les raisons de son choix de carrière, et le défi esthétique qui l’accompagne.

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