Gainsbourg, vie héroïque

La Trois se plie en... trois pour rendre hommage au grand Serge, avec le film osé de Joann Sfar, un Ligne Rock décadent et un Cinéscope aussi intime qu'enfumé.

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Le charme rétro de la troisième chaîne ertébéenne continue de cajoler ceux qui ont la nostalgie (camarade) dans la tête et l’envie de souvenirs dans la zappette. Pas forcément en remontant le temps de mille ans, contrairement à ce que certains pensent. La preuve: ce mardi, pour évoquer Serge Gainsbourg, La Trois entame sa soirée avec le long métrage Gainsbourg, vie héroïque, fable poético-enivrante mise en traits et en vagues nuances par Joann Sfar il y a seulement cinq ans. Un film qui a séduit, agacé, ravi et énervé. Un film qui – mettons les choses à plat – a surtout permis à quelques générations de faire la connaissance d’un personnage qui n’a jamais cessé de séduire, d’agacer, de ravir et d’énerver. Outre son casting magistral, on y croise un journaliste belge qui, en plus d’avoir servi de consultant lors de la préparation du film, s’y est également offert une petite appartion dans le rôle d’un flic « nazi rock », alias Gilles Verlant. Si on en parle, ce n’est pas seulement parce qu’il manque à plus d’un depuis son départ précipité en 2013, mais aussi parce qu’il servira de relais à cette soirée placée sous le signe du soleil exactement. Flash-back vers le début des années 80. Verlant vient de fermer la porte de Folllies pour animer Ligne Rock, le genre de ligne qui se sniffe à condition d’avoir l’esprit très ouvert. Une émission qui interviewe, sans caresser ni prendre la tête, des artistes prêts à en découdre (ou pas) avec les eighties. Entre Marianne Faithfull, Peter Gabriel ou Klaus Nomi, se glisse discrètement mister Gainsbourg, qui est doucement en train de se transformer en Gainsbarre en jouant à « je t’aime moi non plus » avec lui-même. En tête-à-tête avec notre journaliste, l’artiste enfile d’abord son blouson de blasé, avant d’affronter l’insolence des questions, de s’amuser et, finalement, de céder quelques moments de complicité forcément déroutante. Un entretien entrecoupé de clips rares et d’images précieuses, où le futur biographe du chanteur rappelle que la télévision, avant, évitait de se prendre trop au sérieux et d’écrire chacune de ses scènes. Tant qu’à se mettre l’eau à la bouche, autant poursuivre avec Cinéscope qui, bien plus tôt, en 1972, accueillait l’auteur de La javanaise et sa muse nommée Birkin. C’est Sélim Sasson qui s’y collait, et ce sont ses deux invités qui, presque collés l’un à l’autre, prouvaient que l’amour, pour Gainsbourg, constituait un hôtel très particulier.

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