Echappées belles: Venise l’éternelle

Des quartiers populaires à la place Saint-Marc, une balade classique dans la Sérénissime et ses îles.

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C’est une Venise très fidèle à la carte postale que nous présente Raphaël de Casabianca ce soir. Ses canaux, ses venelles, ses marchés flottants – ici dans le joli quartier populaire du Castello -, ses mosaïques, sa gastronomie… Une Venise de fantasmes, celle des amoureux venus se marier dans la ville de Casanova, mais aussi celle des amateurs de légendes qui s’abreuvent des crimes passionnels commis par le passé. Le présentateur s’en éloigne heureusement par moments, glissant un œil de l’autre côté du décor. Il y rencontre alors des Vénitiens soucieux de l’impact du tourisme de masse (22 millions de visiteurs annuels), comme les membres du Groupe de libération des cadenas qui s’agacent de cette manie des couples d’immortaliser leur union par un « cadenas d’amour » accroché à un pont. Ou l’architecte Giovanni Battista Fabbri, qui dénonce les ravages des paquebots sur la lagune.

On aurait aimé quelques approfondissements, notamment sur le projet Moïse, système de digues censé enrayer la montée des eaux. Mais on apprécie le tour des îles qui, s’il n’évite pas les clichés – les maisons colorées de Burano, le verre de Murano – dévoile aussi quelques coins insolites comme Poveglia, réputée maudite: selon les rumeurs, l’île aurait été utilisée au Moyen Age comme lieu de sépulture des pestiférés avant d’abriter, au début du XXe siècle, un hôpital psychiatrique. Une institution finalement désertée en raison, dit-on, des effrayantes apparitions dont auraient été victimes les pensionnaires – ainsi que le médecin lui-même, qui se jeta dans le vide. Encore un fantasme, qui participe à l’atmosphère étrange et poétique des lieux, où la nature se faufile entre les ruines pour reprendre ses droits. Elle en sera bientôt privée à nouveau, hélas, l’île venant d’être revendue à un homme d’affaires. Tout n’est pas éternel, à Venise.

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