Reporters: Qui aime bien châtie bien

Reportage choc, ce soir, sur les camps de redressement 2.0 que les Etats-Unis ont créés pour les enfants.

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Les enfants n’obéissent plus? Les parents américains désemparés ont LA solution. Le boot camp. Un camp militaire où des instructeurs hurlent sur les mômes habillés en tenue de prisonniers – certains n’ont que 7 ans! -, les réveillent au clairon, leur font enchaîner les pompes et les travaux d’intérêt général pour leur (ré)apprendre à vivre. « Ça peut faire peur, mais c’est le but », dixit Glenn Ellison, un ex-soldat qui a créé il y a six ans Camp Consequence, surnomme Al Kida, un camp qui accueille à Jacksonville, en Floride, enfants et ados envoyés par leurs parents. « La plupart sont des jeunes rebelles qui refusent de faire ce qu’on leur dit – ils seront donc traités comme de jeunes délinquants. » Comme Bryce, un sale gamin buté qui préfère déplacer de la terre toute la nuit qu’aller se coucher, ou Owen, un petit colérique dont le désespoir arracherait des larmes à un baobab. C’est à peu près pareil chez Sarge’s Community Base, à Pasadena (Californie), où les gamins de 5 à 14 ans doivent alterner marches forcées et exercices disciplinaires avec des nuits de 3 heures. Et partout dans le pays. Le coût de ces écoles de l’obéissance? Jusqu’à 34.000 euros… pour un an.

Parce que les Etats-Unis sont grands et qu’il faut rester pratique, il existe à Los Angeles un service qui s’occupe du transport des gamins. Chaque année, cinq cents à mille familles font appel à eux pour venir chercher, jusque dans leur chambre, les éléments perturbateurs qu’on embarque parfois menottes aux poignets jusqu’au camp choisi. Même les grands ados n’ont rien à dire: si les parents ont signé, ils doivent se soumettre, c’est la loi. Quant à la durée du séjour, elle varie. A Camp Consequence, les garçons en ont pour 30 jours. Au moins. Car seul le chef du camp décide du moment du retour. Parfois, « il ne mérite pas de rentrer, et sa mère ne mérite pas un gosse pareil ». Les filles s’en sortent avec un week-end, comme les parents qui viennent s’offrir une formation pratique d’éducation, et s’entraînent avec les enfants qui ne sont pas les leurs.

Les images mises en ligne par certains camps sont terrifiantes – et les enfants profondément ébranlés. On commence d’ailleurs à observer chez les premiers « stagiaires », aujourd’hui trentenaires, de ce type de camp de vacances, des symptômes qui évoquent le syndrome du stress post-traumatique. Pour beaucoup d’ados, ces séjours, répétés, renforcent surtout leur résistance et leur rejet de toute forme d’autorité ou de règle. Mais bizarrement, dans certains cas, le résultat semble atteint. Ce qui conforte les parents dans l’idée que c’est la bonne solution. Dans le reportage présenté ce soir, une mère reconnaît même qu’elle n’avait pas de gros problèmes avec son fils Elijah, 8 ans, mais qu’elle l’a envoyé au Sarge’s Community Base de Pasadena « à titre préventif »! Le phénomène a frôlé la Belgique. En 2014, une mère de famille d’Antoing, Caroline Vandewalle, a fait des pieds et des mains pour qu’on crée un de ces camps dans le Tournaisis. Rien n’a (encore?) abouti. Les enfants peuvent dormir tranquilles. Pour l’instant…

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