Jimi Hendrix: Hear My Train A Comin’

Arte poursuit sa rétrospective des chanteurs pacifistes. Une soirée de légendes, entre rock, blues, folk et psychédélisme.

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Jimi Hendrix et Jim Morrison n’ont pas seulement pour point commun leur présence, ce samedi, dans la programmation spéciale Summer of Peace d’Arte. Le génial auteur de Purple Haze comme la figure emblématique des Doors ont tous deux su imposer leurs extraordinaires fulgurances dans le rock psychédélique fleurissant des années 60. L’un et l’autre ont révélé sur scène une présence à la fois électrique et mystique à forte charge sexuelle. Ils ont partagé un même engagement contre la guerre du Viêtnam. Et une fin tragiquement précoce qui leur vaut d’appartenir au tristement célèbre « club des 27 » – Hendrix est mort asphyxié à la suite d’une surdose de médicaments, Morrison aurait succombé, selon Marianne Faithfull, à une overdose. Deux étoiles filant bien trop vite, deux légendes désormais, auxquelles la chaîne franco-allemande rend hommage au travers de deux documentaires qui, eux, diffèrent totalement. Dans Jimi Hendrix, Hear My Train A Comin’, le réalisateur Bob Smeaton convoque les proches du guitar hero (sa famille, les musiciens de la Jimi Hendrix Experience, ses managers, ses amis parmi lesquels Paul McCartney…) pour dresser un portrait touchant de l’artiste, excentrique, et de l’homme, autrement plus timide que sur scène. Un fou de travail qui ne quittait jamais sa guitare, décrit par les siens comme un être joyeux et foncièrement « gentil ». Des témoignages qui permettent de retracer la carrière expresse de ce garçon de Seattle élevé par son père (la mère est une fêtarde peu présente) et, surtout, de saisir le feu qui s’empare de lui à chaque concert. Cette incroyable métamorphose vaut au public de vivre ses premiers chocs – lorsque le showman met le feu à sa guitare ou la fait pleurer comme nul autre. Mais plus encore que la biographie qu’il esquisse, ce sont les archives exhumées qui font l’intérêt de ce documentaire. De nombreux extraits de concerts mythiques – à Woodstock, où Hendrix offre une version dynamitée de l’hymne américain, à Monterey, au festival de l’île de Wight… – où explose son génie. Le son, c’est également ce qui fait le sel de The Doors, Feast Of Friends, unique autoproduction du groupe rendue disponible en 2014 seulement, après quarante-six ans de bataille juridique. Sans commentaire aucun, ce court documentaire filmé façon cinéma vérité et remastérisé capte l’intimité des musiciens lors de leur tournée de l’été 1968. Une précieuse pépite émaillée de rares enregistrements, qui se clôt en beauté. This is the end…

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