Shokuzai: celles qui voulaient se souvenir

Une fable horrifique et intrigante sur la maternité signée Kurosawa

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La petite Emili est retrouvée morte. Et ses quatre copines de classe, témoins de l’enlèvement, n’osent pas parler. Mais alors qu’on pense se diriger vers une enquête policière classique avec recherche du meurtrier par un duo de flics si possible antinomiques, l’histoire verse sans prévenir dans un fantastique étrange. La mère de la victime jette un sort sur les petites en réclamant d’elles leur pénitence. Et un autre film s’ouvre, suivant sur plusieurs années la vie maudite des camarades d’Emili. Vont-elles respecter leur parole? Kurosawa (Tokyo Sonata) construit un film-somme en deux parties (Shokuzai: celles qui voulaient oublier est diffusé ensuite, à 22h50) amoral et passionnant, enserrant dans la toile de fond d’un Japon moderne et de ses dérives (sexualité fétichiste, code d’honneur à géométrie variable, culpabilité, vengeance), les destinées personnelles tragiques de ses héroïnes. Une fable horrifique et intrigante sur la maternité et la féminité qui laisse comme un obsédant goût de soufre en bouche.

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