Koh-Lanta Johor: la finale

L'édition 2015 a été celle de tous les clashes. Au moment du vote final, qui va réussir à rallier les suffrages?

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Ce soir, on va assister pour la 17e fois au couronnement d’un aventurier de Koh-Lanta. Un homme ou une femme qui a non seulement vécu la faim, supporté la chaleur, résisté à la saleté, enduré les bestioles et échappé aux éliminations, mais qui est arrivé à se faire plus d’alliés et/ou moins d’ennemis que son dernier adversaire pour emporter le vote et les cent mille euros. Or cela fait des semaines que les candidats mettent encore plus d’énergie à s’entre-déchirer qu’à remporter les épreuves. Quels que soient les finalistes, pour certains membres du jury final, il va donc falloir choisir entre la peste et le choléra.

Depuis la première saison en 2001, les concurrents ont appris à gérer leur préparation, à affiner leurs stratégies, à utiliser des médias de plus en plus demandeurs. Mais pas forcément à accepter l’image que leur renvoie la télé. On voit s’écharper dans la presse ceux qui se prennent pour des victimes et ceux qui se défendent de les avoir arnaqués. Quand Jeff le Marseillais accuse Marc le manipulateur d’être « le pire exemple pour ses enfants », l’autre lui répond « Ta haine, comme une gangrène, est en train de pourrir ton âme ». Ambiance…

Ce combat de coqs trouve un écho dans les attaques des Koh-Lantais contre la production, qu’elles soient judiciaires et publiques. En vrac, Isabelle et Delphine, gagnantes ex aequo en 2003 ont refusé de partager le pactole (elles ont gagné); un groupe de candidats a exigé que leur participation soit considérée comme un travail de comédiens et donc assortie d’un salaire (ils ont gagné mais du coup Kevin, co-vainqueur de la saison 7 avec Jade, a dû rembourser le prix de la victoire: le gain était celui d’un joueur pas d’un salarié); Raphaël, le chasseur de requins de 2004, accumule les plaintes (dernière en date: la production aurait empoisonné l’eau pour faire gagner son candidat!); Ella Gbezan, candidate belge à Raja Ampat en 2011, a sorti un bouquin, La face cachée de mon Koh-Lanta, dans lequel elle dénonce la mise en scène élaborée par la production – et les coups de pouce donnés en douce aux naufragés quand la situation devient intenable. Jessica s’est indignée quand elle s’est vue nue à l’écran, filmée sous la douche alors qu’elle l’avait interdit – tandis que Marc, toujours lui, a carrément publié sur Internet le nom de celui qui allait se faire éliminer quand il a vu qu’on avait coupé au montage l’hommage qu’il rendait, lors d’une victoire individuelle, à son frère décédé.

Mais ce soir on oublie tout. Après les épreuves finales (orientation et poteaux), on va retrouver en studio tous les candidats qui ont atteint la réunification, pomponnés et maquillés comme des voitures volées – généralement beaucoup moins séduisants que sur l’île, quand ils étaient crasseux, amaigris et échevelés. Des vacheries vont fuser, sûrement, mais Denis Brogniart et TF1 feront l’impossible pour qu’une concorde apparente plane sur les ex-tribus Lankawaï et Tinggi jusqu’à la désignation du vainqueur. Et cela n’empêchera pas des milliers de candidats de s’inscrire à la prochaine édition, en croisant les doigts, comme l’a fait en 2001 le gagnant du tout premier Koh-Lanta, Gilles Nicolet: « Moi, je ne voulais pas changer ma vie, juste réaliser un rêve de gosse et être Robinson Crusoé ».

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