Give Peace A Chance

Les idéaux sont-ils solubles dans la pop? Petite histoire de la chanson contestataire. De Billie Holiday à Lady Gaga.

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« C’est un mythe, cette idée que la musique pourrait conduire des populations entières vers des jours meilleurs, car la pop est du divertissement et le divertissement encourage plutôt vers le statu quo » assène le DJ allemand WestBam, organisateur de la Love Parade. Ce n’est pas l’avis d’Alice Phoebe Lou qui chante dans les rues de Berlin, persuadée que la diffusion d’un message positif à même le pavé a le pouvoir de changer les choses. Sans trancher en faveur de l’une ou l’autre position, le documentaire remonte le fil jusqu’au Strange Fruit de Billie Holiday, entonné en 1939 face au public stupéfait du Café Society de New York. Ils venaient se détendre, Lady Day leur parla de ce fruit étrange, suspendu aux arbres du Sud, « les yeux révulsés et la bouche déformée », en référence aux lynchages festifs de Noirs.

Derrière cet instant et les réactions mitigées, beaucoup voient la naissance de la chanson contestataire moderne. Avec sa guitare, Woody Guthrie milite à travers les Etats-Unis pour les droits des travailleurs agricoles, vite rejoint dans le folk par un Bob Dylan beaucoup moins engagé que ses admirateurs en quête d’icône aiment à le penser -contrairement à Joan Baez avec laquelle il partage souvent les podiums. Viendront aussi Mississippi Got Dawn de Nina Simone, Universal Soldier de Donovan, les textes de Marley, Wind Of Change des Scorpions, hymne officieux de la réunification allemande jusqu’à Neil Young protestant contre Monsanto en 2015 ou Lady Gaga combattant l’homophobie. Et bien sûr, les incontournables Bed-ins de John Lennon et Yoko Ono ainsi que le Give Peace A Chance auquel le documentaire emprunte son titre. Image carte postale de l’engagement artistique arrachée à coup de paroles sans grande profondeur mais qu’une société slogan acheta facilement. Et qui changea le monde?

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