Mondes insolites: Moscou, jeunes et déjà millionnaires

Bienvenue dans le monde artificiel de trois jeunes millionnaires, qui se mouchent et dorment dans la soie, au pays de Lénine et Trotski.

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Vladimir Poutine n’est pas le seul Russe à s’être approprié les vertus du byssus, filament de la moule, pour s’accrocher contre vents et marées au rocher du pouvoir. De nombreux jeunes suivent son fulgurant exemple. Mais pas fous, ont choisi de se limiter à la puissance des roubles, dollars et euros. Et comme lui, sont prêts à tout pour réussir… très vite pour très longtemps.

 

Ils se prénomment Sacha, Piotr et Mikhail, sont âgés de 26 à 30 ans, et sont associés dans le même « business jeunesse ». Partenaires et amis, ils sont tous trois millionnaires. Leur filon: faire des envieux et pousser des milliers de compatriotes à suivre leur exemple. Pour 30.000 $ (22.000 €) pour deux mois, ils prodiguent leurs conseils à de jeunes désireux de lancer leur entreprise ou d’accroître leurs marges bénéficiaires. S’ils se targuent d’avoir aidé 10.000 jeunes à démarrer leur business (le documentaire ne vérifie pas l’information et n’en donne aucune clé!), leur réussite personnelle est réelle. Piotr se vante d’être passé d’un bénéfice de 272.000 € en 2011 à 3.170.000 en 2012. Depuis, il vit seul (mais certainement pas pour longtemps), dans un appartement de 280 m2. Se fait conduire par son chauffeur et garde du corps dans sa Rolls de 500.000 € dans des soirées qu’il organise pour ses clients et amis. Sa styliste personnelle lui choisit ses tenues vestimentaires, il dîne dans les restaurants étoilés. C’est culturel, les Russes aiment le tape-à-l’œil, car leurs avoirs déterminent leur statut social. Ce que ce document ne fait qu’effleurer, c’est la fragilité de l’entreprise qui, temporaire, est vouée à s’écrouler comme un château de cartes. Le réalisateur n’évoque pas non plus la vie de ces trois gaillards cloîtrés dans leur tour d’argent car il est impensable de se promener dans un parc de la capitale, même accompagné d’un garde du corps. Ce reportage, artificiel et creux à l’image des gens qu’il suit, ressemble davantage à une mauvaise pub ou un vieux film de propagande qu’à une véritable enquête. Dommage, tovaritch, vous ne nous faites pas envie, ni même rêver!

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