Grantchester

L’un agit au nom du Père, l’autre au nom de la loi. Un très plaisant duo uni contre le crime dans l’Angleterre des années 50.

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C’est presque un sous-genre de la série policière: le duo flic pro/détective amateur, dont l’improbable association fait des merveilles. Bien entendu, son capital sympathie dépend grandement de la personnalité et du métier de l’intrus improvisé enquêteur. Bonne pioche! Sidney Chambers est un charmant jeune homme, poli et avenant, féru de jazz et grand amateur de whisky irlandais. On le verrait bien profiter joyeusement de la vie, mais le garçon a une mission: il est pasteur. Sa bienveillance naturelle fait de lui un parfait confident pour les habitants de Grantchester, petite bourgade des environs de Cambridge. C’est ainsi qu’il recueille les aveux d’une respectable paroissienne à la suite du suicide d’un avocat. Confessant sa liaison avec le disparu, la jeune femme se montre persuadée qu’il s’agit d’un meurtre. « Pour la bonne cause » – mais aussi, on le devine, par goût de l’investigation -, Sidney partage aussitôt ses doutes avec l’inspecteur Geordie Keating, un poil bougon mais vite conscient de l’intérêt d’utiliser les qualités de confesseur de cet homme d’Eglise au flair aiguisé. Le début d’une collaboration fructueuse… et d’une amitié renforcée à coups de pintes de bière.

Plantée dans l’Angleterre post-Seconde Guerre mondiale, cette série britannique adaptée des romans de James Runcie est certes classique dans sa forme, mais aussi humaine et chaleureuse que son héros. Au-delà de ses intrigues, elle parvient à développer un véritable ton où se mêlent humour, anticonformisme (le pasteur a les idées larges) et évocation de questions sociétales comme le racisme ou le traumatisme de la guerre – vécu par Sidney lui-même. Portée par un bon casting, James Norton (Happy Valley) en tête, voilà une très plaisante fiction à découvrir sur France 3 – ou à poursuivre sur Club RTL pour ceux qui ont déjà goûté les deux premiers épisodes.

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