Cirques du monde: Cirkafrika 2, de Soweto à Harlem

La culture africaine célébrée par les arts du cirque dans un spectacle inventif, rythmé et dépaysant.

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Avec Cirkafrica premier du nom, il s’agissait surtout de redorer le cirque africain. « Parent pauvre des arts sur ce continent, il était associé à la rue et à la mendicité, souffrant ainsi d’un déficit de noblesse, explique Alain M. Pacherie, son créateur. Au-delà, il est vrai aussi que l’histoire du cirque en Afrique est douloureuse. Le cirque a nourri les discriminations raciales de nombreuses années durant. » C’est de ces blessures lancinantes qu’est donc née la mouture originale de ce spectacle à l’automne 2012, au Cirque Phénix de Paris. Le succès a été tel que cette suite – inédite à la télévision – a rapidement vu le jour sous le même chapiteau.

Si la première édition affirmait l’identité africaine, ce deuxième opus nous fait voyager de l’Afrique du Sud aux quartiers de Harlem. Et pas question de demi-mesure: dès les premières notes, l’émotion est là grâce à un hommage plein d’humilité à Nelson Mandela, alors qu’une chorale reprend Asimbonanga. Cette chanson de Johnny Clegg et du groupe Savuka qui, à la fin des années 80, était dédiée à celui qui croupissait alors encore dans les geôles de Robben Island. S’ensuit une centaine de minutes ébouriffantes. On a rarement vu d’ailleurs autant d’énergie déployée, autant de sourires affichés. Les 48 artistes en piste s’en donnent à cœur joie. Et il y en a pour tous les goûts, pour tous les publics. Chacun appréciera l’incroyable précision des jongleurs, tandis que les plus jeunes seront ravis d’une sympathique parade des animaux qui leur est réservée, en plus d’un chant traditionnel qui ne manquera pas d’évoquer Le roi lion. Histoire de finir la soirée en beauté, France Ô rediffuse dans la foulée l’excellent Alegria du Cirque du Soleil et L’empereur de jade, avec les étoiles du Cirque de Pékin. On n’est vraiment pas couché!

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