Poupou, le Blaireau et Nanard

Alors que le Tour de France 2015 vient à peine de démarrer, les chaînes françaises creusent les archives pour conter l'histoire de trois grands champions tricolores.

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1964. C’était cette fois-là, sans doute, qu’il devait le gagner, ce Tour de France dont il rêvait tant. Raymond Poulidor échouera à 55 secondes de Jacques Anquetil, après lui avoir repris du temps dans une mythique ascension vers le puy de Dôme. Surtout, Poulidor aura perdu une minute stupidement, en mettant pied à terre lors d’une arrivée au vélodrome de Monaco alors qu’il devait encore effectuer un tour. Anquetil, troublé par une espèce de sorcier qui lui avait prédit qu’il ne terminerait pas le Tour vivant sortira vainqueur. Encore. Poulidor, lui, l’éternel second, continuera de collectionner les podiums sous l’ère Merckx avant de tirer sa révérence après dix-sept ans d’une carrière pas si horrible que cela. Perdant magnifique et adulé des masses, Poulidor décrochera quand même, en vrac, un Tour d’Espagne, la Flèche wallonne, Paris-Nice (deux fois) et pas mal d’étapes du Tour de France. Poulidor premier trempe son récit dans une époque où le cyclisme se vivait encore à visage humain, les enjeux financiers étant moindres (mais déjà bien présents). Fils de métayers, Poulidor grandit dans le Limousin et s’intéresse au cyclisme en écoutant les exploits de Louison Bobet. Sa carrière cycliste sera marquée par une poisse et des mauvaises décisions qui lui feront louper de peu le Graal ultime. Ce Graal n’échappera pas à Bernard Thévenet, natif de Saint-Julien-de-Civry au lieu-dit Le Guidon (ça ne s’invente pas) en Saône-et-Loire. En 1975, il détrône Eddy Merckx dans la tragique et légendaire montée vers Pra-Loup. Le Cannibale ne rattrapera jamais Nanard, qui scelle sa victoire le lendemain, dans l’étape de l’Izoard. Heureux qui comme Thévenet a fait un beau métier témoigne à merveille de l’ambiance d’un Tour de France d’alors, de la ferveur populaire, parfois dangereuse (rappelez-vous le coup de poing donné à Merckx, en 1975 toujours), sans toutefois éviter les sujets qui fâchent. Thévenet a utilisé à de nombreuses reprises de la cortisone et son usage de produits dopants l’aurait rendu gravement malade, bousillant littéralement sa carrière… et sa santé. Pour compléter ces épais souvenirs documentaires, France 5 se penche jeudi soir sur une autre forte tête du peloton, l’inévitable Bernard Hinault, alias le Blaireau, aussi fort en gueule qu’en palmarès.

POULIDOR PREMIER LUNDI 6 FRANCE 3 20H50

Heureux qui comme Thévenet FRANCE 3 0h05

Bernard Hinault, dernier roi du vélo Jeudi 9 France 5 23h35

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