Petite histoire du grand Tibet

Emilie Aubry met le cap sur le toit du monde et dresse un bilan en trois documentaires des relations sino-tibétaines.

tibet_3_-_isopix-460827

En 1949, Mao Zedong proclamait la naissance de la République populaire de Chine. Un an plus tard, il envahissait le Tibet, élargissant son territoire de près de 25 %. Depuis, malgré les persécutions et les arrestations arbitraires, le peuple tibétain (6 millions de personnes) ne cesse de réclamer l’autonomie de son pays. Une lutte portée haut par l’actuel dalaï-lama, Tenzin Gyatso, contraint par la répression chinoise de se réfugier en Inde où il fonda, dès 1959, le gouvernement tibétain en exil. Mais celui qui, comme ses prédécesseurs, était à la fois le chef spirituel et le chef politique du « Toit du monde » a décidé en 2011 de mettre fin à une tradition vieille de quatre siècle: désormais, c’est un Premier ministre démocratiquement élu qui préside à la destinée du Tibet. A cette retraite politique s’ajoute l’éventualité d’une rupture dans la succession religieuse. Depuis des années, Tenzin Gyatso avance en effet la possibilité de ne pas se réincarner – signifiant ainsi qu’il serait le dernier des dalaï-lamas. Une manière pour lui de contrer les tentatives de Pékin de s’immiscer dans le processus de sélection et d’imposer un successeur lui permettant de continuer à exercer son contrôle sur la région. Des déclarations qui interrogent l’avenir. Comment le Tibet sera-t-il défendu après le quatorzième dalaï-lama? Quel tour prennent désormais – et prendront par la suite – les relations sino-tibétaines? Le premier documentaire du Thema d’Arte donne notamment la parole à Tenzin Gyatso lui-même ainsi qu’au Premier ministre Lobsang Sangay. Une exploration des lendemains possibles, qui nécessite de bien saisir tous les enjeux du conflit. C’est l’objectif – atteint – du film qui clôture la soirée. En suivant des Chinois qui ont pris conscience de la manipulation de leur gouvernement et œuvrent désormais en faveur du Tibet, les réalisateurs démontent la propagande étatique – dont ils présentent quelques films – pour mettre au jour les véritables raisons de l’intervention militaire de 1950. Une invasion présentée comme une libération par Pékin, mais qui lui permit surtout de mettre la main sur d’importantes ressources naturelles – à commencer par l’eau s’écoulant généreusement de l’Himalaya quand elle manque cruellement dans les métropoles chinoises. Un problème qui dépasse de loin le seul Tibet: en détournant le lit de ses fleuves, la Chine prive également ses voisins, comme l’Inde, d’une eau qui leur est fort précieuse.

SOIREE TIBET MARDI 30 ARTE

le toit du monde à l’heure zéro 20H50

SANS DOMICILE, UN DESTIN TIBETAIN 21H45

TIBET, LES ENJEUX D’UN CONFLIT 22H50

Sur le même sujet
Plus d'actualité