Que mangeons-nous vraiment?

Regard informé sur l'agriculture française, la volonté d'autonomie alimentaire du pays et sa mise en concurrence avec d'autres géants agricoles.

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Largement bénéficiaire de la politique agricole commune (47 milliards d’euros sur sept ans), la France est la tête de gondole de l’agriculture européenne. Lors des dernières négociations de la PAC, d’ailleurs, l’Élysée a pesé tellement fort dans la balance de la Commission que certains pays ont vu leurs subsides fortement chuter tandis que ceux de l’Hexagone ne subissaient qu’une très légère tonte. C’est qu’on ne badine pas avec l’agriculture outre-Quiévrain. Elle représente un excédent commercial de 12 milliards d’euros. Les Français sont sur le haut du podium européen lorsqu’il s’agit de produire du blé, du vin ou de la viande bovine. Ils ne cèdent un peu de terrain que sur le lait (deuxième producteur européen) et l’exportation de produits agroalimentaires (quatrième exportateur). Ils ont toujours tenté de conserver une forme d’autonomie alimentaire, qui est aujourd’hui fortement mise à mal par la mondialisation. Que mangeons-nous vraiment? repart ainsi de la concurrence accrue, depuis les années 2000, avec d’autres pays fortement agricoles comme le Brésil ou la Chine. L’arrivée de leurs produits sur le marché français et européen ne se limite pas à menacer les revenus des fermiers français. Elle jette aussi le doute sur ce qui se retrouve dans les étals des supermarchés et, in fine, dans nos estomacs. Face à ce modèle, pourtant, on constate que les produits locaux de qualité peuvent très bien être exportés et séduire les acheteurs. En parallèle, une réflexion sur les chaînes courtes, où l’on rapproche géographiquement et physiquement le producteur de l’acheteur, et l’agriculture urbaine nous indique que ce modèle de proximité pourrait non seulement générer des emplois, bien nécessaires, mais également des bénéfices.

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