Ségolène Royal, la femme qui n’était pas un homme

Portrait de la pasionaria inclassable de la politique française.

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Elle jure qu’on ne l’y reprendra plus. Quand on lui demande si elle briguera une nouvelle fois la fonction la plus prestigieuse de France, Ségolène Royal répond "c’est fini". Sans aucune équivoque. On comprend qu’elle n’ait pas envie d’y retourner. Ces dernières années, elle a sévèrement morflé. De 2007 en 2013, tout est allé de mal en pis pour elle: échec face à Sarkozy à la présidentielle; fiasco lorsqu’elle a tenté de devenir première secrétaire du Parti socialiste un an plus tard en 2008; autre débâcle à la primaire de 2011… Sans compter les coups de griffe publics de Valérie Trierweiler, cette tigresse qui l’avait remplacée dans le cœur de François Hollande. Mais voilà, avec "Ségo", on ne sait jamais trop à quoi s’attendre, comme en témoignent ici ses proches et anciens compagnons de route. Son entrée au gouvernement au printemps 2014 en tant que ministre de l’Écologie et de l’Énergie – et après que le président Hollande eut "remercié" Trierweiler -, prouve qu’elle est insubmersible. Rien ne dit toutefois qu’elle regagnera un jour cette incroyable popularité qui l’avait portée contre vents et marées en 2007. Une chose est sûre cependant, au regard de ce portrait inédit qui nous est dressé et qui éclaire sa personnalité, c’est qu’elle n’a pas pour habitude de se laisser dicter sa conduite. Ce constant besoin de rébellion, elle l’a développé dans son enfance comme un réflexe de survie, face à un père autoritaire pour qui la femme n’avait pas droit à la parole. C’est bien là qu’est né son combat pour cet "ordre juste" qu’elle appelle de ses vœux depuis des lustres. Et qui lui permet, à chaque fois, de se relever. Adulée par ses militants auxquels elle s’identifie, et détestée par ses collègues pour son côté atypique, Ségolène Royal n’a en tout cas pas fini de faire parler d’elle.

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