Yolande Moreau, les nuages et la terre

On a parfois l'impression qu'elle vient d'une autre planète. Et c'est vrai: elle est Belge.

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Les premiers applaudissements enjoués qu’elle a reçus, c’était pour un one woman show dont tout le monde a oublié le nom: Sale affaire, du sexe et du crime.

Nous sommes en 1981 lorsque Yolande Moreau décide de tuer son amant pour les besoins d’un spectacle qui se voit récompensé par le Grand Prix au Festival de Rochefort. À ce moment-là, elle ne sait pas encore que sa carrière va ressembler à une formidable épopée tragicomique dont elle aura le droit de choisir les héros et les histoires.

Ni qu’elle va engager un tueur à gages pour buter son salaud de patron dans Louise-Michel, puis donner la réplique à Gérard Depardieu dans l’intemporel Mammuth. Mais ce qu’elle ignore par-dessus tout, c’est qu’elle va s’offrir trois césars durant la même décennie.

D’abord grâce à Quand la mer monte (meilleure première œuvre de fiction et meilleure actrice en 2005), ensuite avec Séraphine (meilleure actrice en 2009), deux films qui ont permis à Yolande Moreau de devenir la comédienne belge que personne n’attendait.

Parce qu’il faut être honnête: personne n’imaginait que cette Bruxelloise (née d’un père wallon et d’une mère flamande) ferait autant l’unanimité.

Certes, les Deschiens avaient laissé entrevoir son potentiel d’absurdité, de douce folie et de réalisme cruel. Mais de là à dire qu’elle se doterait d’une filmographie d’une cinquantaine d’apparitions, il n’y a qu’un pas… que le journaliste Olivier Monssens a décidé de transformer en parcours qui vaut plus que le détour.

Après s’être attaqué à Sandra Kim, Marc Moulin et Plastic Bertrand, l’ex-intervieweur gourmand de Al Dente a choisi l’enfant Moreau pour réaliser un portrait délicieusement taciturne et ouvertement hippie.

Où l’on découvre une actrice tiraillée entre les choses simples (la flore de son jardin) et les appels d’un métier qu’elle a choisi d’épouser à l’unique force de l’instinct.

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