V comme Vian: un portrait inventif de l’artiste sur France 2

Paris, le 23 juin 1959. Alors qu’il assiste à la première du film adapté de son roman J’irai cracher sur vos tombes, Boris Vian s’effondre, victime d’une crise cardiaque. Transporté en urgence à l’hôpital, il se remémore ses débuts d’écrivain, ses amours, ses meurtrissures...

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Plus qu’une biographie fidèle et rigoureuse, c’est un hommage à l’éclectique et prolifique auteur que propose le réalisateur Philippe Le Guay – auteur de plusieurs longs métrages, dont le salué Les femmes du 6e étage.

Mieux que de longs discours, sa mise en scène inventive et protéiforme illustre joliment la fantaisie, la créativité et le goût de l’absurde de l’écrivain, trompettiste accompli et collaborateur fertile au Collège de "pataphysique" – science des solutions imaginaires. Dessins animés, diaporama noir et blanc, scènes évoquant les grandes heures du burlesque muet ponctuent ainsi le téléfilm. Entre deux pans de sa vie s’imposent également des séquences oniriques, projections des tourments d’un Vian à quelques heures de sa mort. S’y exprime notamment le rapport trouble qu’il entretient avec son double Vernon Sullivan: alors que les œuvres signées de ce pseudonyme remportent un franc succès, celles qu’il fait paraître sous son nom – les plus importantes à ses yeux – ne sont guère prises au sérieux.

Mais la réussite de V comme Vian tient aussi beaucoup à son principal interprète. Habitué aux rôles sombres, Laurent Lucas se voit, ici, offrir une merveilleuse occasion de briser la glace. Et c’est peu dire que le sourire et la légèreté lui vont bien. Il fait de Vian un personnage infiniment touchant, tout à la fois espiègle, insolent et en quête éperdue de reconnaissance – notamment de la part de Gallimard, maison d’édition choisie entre toutes et qui lui opposa de nombreux refus. Un délicieux "pianocktail" d’émotions et d’humour, douce invitation à se replonger dans l’univers du poète.

15 juin – France 2: V comme Vian

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