Thema: Déchets nucléaires en mer

Que deviennent les substances radioactives jetées dans l'Atlantique? Vaste enquête sur une menace de fond. 

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Des années 60 aux années 80, nous nous en sommes donné à cœur joie. Obnubilés par l’obligation de croissance et la quête d’un niveau de vie qui impliquait une explosion de la consommation d’électricité, la Belgique, l’Angleterre, la Suisse, la France et les USA ont immergé plus de 100.000 tonnes de déchets nucléaires dans les eaux de l’Atlantique.

Il faut savoir que chaque étape de la filière nucléaire, de l’extraction de l’uranium à sa combustion en passant par son enrichissement, engendre des déchets dont on ne peut rien faire, hormis se prémunir de leurs fâcheuses conséquences radioactives. C’est pourquoi, dès la fin des années 50, des scientifiques ont préconisé de jeter ces encombrants anxiogènes au fond de l’océan.

À elle seule, la Belgique serait responsable de 5 % des barils traînant aujourd’hui à plus de 4.000 mètres de profondeur. En Italie, la puissante ‘Ndràngheta, la mafia calabraise, aurait coulé des cargos bourrés de déchets radioactifs au large de la Somalie et des côtes italiennes.

Cette pratique d’enfouissement marin est aujourd’hui prohibée par la Convention internationale de Londres de 1993. La norme est désormais le stockage ou l’exportation suivis de l’enfouissement – depuis 2006, plus de 30.000 tonnes de détritus atomiques ont ainsi été enterrées en Sibérie. Mais qu’en est-il des barils de l’Atlantique?

Une équipe documentaire a chaussé ses palmes à leur recherche, ramenant des échantillons à la surface, et les confiant directement à des activistes et à des scientifiques. Mauvaise nouvelle: certains barils se sont fissurés après 30 ans, alors qu’ils étaient censés rester hermétiques durant cinq siècles.

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