Thema: Adieu veaux, vaches, cochons?

Avec une enveloppe de 58 milliards d'euros, la Politique Agricole Commune constitue un volet phare de l'Union européenne. Mais suscite beaucoup d'interrogations sur son efficacité.

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Au fil des crises, l’Europe ressemble de plus en plus à un labyrinthe émaillé de paradoxes et sa fameuse Politique agricole commune en est un des meilleurs exemples. Alors que la PAC est douloureusement renégociée, les agriculteurs craignant que les pourparlers ne soient pas achevés pour fin juin, Arte a mis, le temps d’un Thema, sa caméra dans le sillon creusé par ce gargantuesque programme d’aides.

A l’origine, en 1962, il y avait une très belle intention. Une immense politique dotée d’un gros budget (environ 40 % de l’enveloppe européenne) qui visait, entre autres, à garantir des revenus décents aux agriculteurs et des prix acceptables aux consommateurs, tout en stabilisant le marché. Aujourd’hui, la PAC est le deuxième poste budgétaire européen, avec ses 58 milliards d’euros de subventions annuelles.

De ses vertueux desseins originels, il semblerait que cette politique ait bifurqué vers la création d’une agriculture à deux vitesses. Les petits exploitants ont de plus en plus de mal à joindre les deux bouts, tandis que les mastodontes agricoles, profitant largement des enveloppes distribuées, règnent sur le marché. En enquêtant de l’est à l’ouest de l’Europe sur la manière dont les agriculteurs, grands ou petits, pâtissent ou bénéficient de la PAC, Arte pointe un constat critique. Les prix ont été tirés vers le bas, comme la qualité des aliments.

La concurrence extra-européenne finit d’enfoncer le dernier clou. Fouinant dans les mécaniques d’attribution des subsides, notamment en matière de pain ou de lait, le Thema d’aujourd’hui pointe l’arbitraire des décisions européennes. Et aboutit sur une question ressassée depuis longtemps: sommes-nous prêts à enfin payer nos aliments plus cher?

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