[TELEFILM] Tout est permis

Douce et tendre, la nouvelle comédie d’Emilie Deleuze charme… mais finit par tourner à vide.

1052020

"Là, j’ai pas "OK". – Non, parce que ça, c’est le DVD. Là, vous avez "Play". – Ah, moi, j’ai "Enter". – "Play"." Désopilante et surréaliste, la scène d’ouverture de Tout est permis donne le ton: le rire comme le diable se nichent dans les détails, les extravagances du quotidien, l’extraordinaire de la banalité. Paul est installateur d’antennes. Il répare, pose, explique et réexplique calmement – comme ce matin-là chez une jeune retraitée, bien en peine de savoir laquelle de ses trois télécommandes elle doit utiliser pour regarder son programme. Sa routine fonctionne plutôt bien: un boulot stable dans une petite entreprise familiale, une ado dont il a su rester proche après le décès de sa femme, une amoureuse délicieusement piquée. Un contrôle de gendarmerie plus tard, tout se grippe. Pour quelques petites fautes accumulées, Paul se retrouve du jour au lendemain sans permis. Un comble quand on passe ses journées sur les routes! Bien décidé à continuer à travailler, Paul passe outre l’injonction de l’administration et met en place d’inextricables stratagèmes pour assurer ses rendez-vous…

Après le très joli A deux c’est plus facile, Emilie Deleuze renoue avec la comédie version tendre, d’autant plus touchante qu’elle affiche la modestie des histoires toutes simples. Les acteurs y sont pour beaucoup – en particulier l’Argentin Marcial Di Fonzo Bo et Judith Chemla, naturels et attachants, d’une émouvante drôlerie. On les suit volontiers dans leurs tribulations insensées, séduits par la profonde sympathie de ces personnages un peu doux dingues. On les suivrait d’autant plus si le scénario voulait bien décoller un peu. Très anecdotique, l’histoire semble au diapason de son héros: empêchée d’avancer, cantonnée à un périmètre finalement très restreint. Et, malgré le charme qui s’en dégage, condamnée à tourner en rond.

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