Téléfilm – Tata Bakhta

Une nouvelle comédie sur la différence, signée par le réalisateur de Chouchou et Bab el web. Plutôt bien ficelé!

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Il y a toujours une douce chaleur qui plane lorsque Merzak Allouache évoque dans ses films son Algérie natale, ses traditions, ses mutations et ses incertitudes. Le réalisateur de Chouchou (4 millions d’entrées en France) n’est pourtant pas toujours bien reçu.

Ses derniers films destinés à la télévision (des commandes) sont longtemps restés dans les placards, à l’image de ce Tata Bakhta enfin diffusé par France 2. Sans doute la comédie maghrébine se montre-t-elle plus en vogue depuis le succès de la série Aïcha de Yamina Benguigui. Sans doute aussi la présentation du dernier film d’Allouache, Le repenti, à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes a-t-elle aidé à débloquer la situation.

Tant mieux car, sur l’éternel thème du choc des cultures, cette production fait la blague et plutôt mieux que d’autres – on pense notamment aux derniers volets d’Aïcha, justement.

Tata Bakhta, c’est Farida Ouchani (vue dans Plus belle la vie) qui parvient à faire de cette Oranaise en visite à Marseille une femme touchante jusque dans ses excès, envahissante sans jamais être irritante.

Elle débarque d’Algérie pour rendre visite aux enfants de son cousin, brutalement décédé avec sa femme. Elle ne les a pas vus depuis leur tendre enfance, mais qu’importe: la famille, c’est sacré. Pourtant la famille a beaucoup changé.

Le cousin était devenu propriétaire d’une boutique de fromage de tête et la charcuterie comme le vin avaient remplacé de longue date le tapis de prière. Pris de court et vaguement intéressés par l’aide financière promise par Tata Bakhta, les enfants ne pipent mot. Et les quiproquos vont bon train. La trame est classique (tradis ou modernes, chacun s’ouvre à la différence par la grâce de l’amour y compris le voisin raciste, carrément transfiguré), mais les acteurs, crédibles et attachants, nous convainquent de les suivre.

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